Avec 29 satellites de plus mis en orbite par ULA, Amazon Leo dépasse les 390 unités. De quoi lancer son service cette année, avant d'accélérer.
En bref
- Amazon dépasse 390 satellites Leo en orbite
- Le service peut démarrer sur des latitudes initiales
- Vulcan et New Glenn doivent accélérer la suite
Le cap est franchi. Avec plus de 390 satellites désormais déployés, Amazon estime que Leo a enfin la masse critique pour assurer un service continu sur ses premières latitudes de couverture. C’est le point qui compte, parce qu’on ne parle plus seulement de tests en orbite, mais d’un réseau qui se rapproche d’une ouverture commerciale plus tard cette année.
Le seuil des 390 satellites change la donne
Dans la nuit du 2 juillet, une fusée Atlas V de United Launch Alliance a emporté 29 satellites Amazon Leo depuis la base spatiale de Cape Canaveral, en Floride. Amazon indique avoir bien déployé ces satellites, établi le contact avec eux en orbite et vérifié leur bon fonctionnement.
Il reste une étape, quand même, avant le vrai démarrage. Ces satellites doivent encore rejoindre leur altitude opérationnelle assignée, fixée à 392 miles. Une fois ce relèvement terminé, Leo sera prêt à fournir un accès à son service d’internet par satellite.
Atlas V sort du dossier, Vulcan prend la suite
Ce tir compte aussi pour une autre raison. Après avoir mis 224 satellites Leo en orbite, Atlas V signe ici sa dernière mission pour le programme. Le relais passera à Vulcan, le lanceur lourd d’ULA, capable d’emporter plus de 40 satellites par vol et de voler plus souvent.
Le changement est loin d’être anecdotique. Pour Amazon, plus de capacité par lancement et une meilleure cadence, c’est la possibilité d’étendre plus vite la couverture réseau et la capacité globale. Melissa Wuerl, directrice des systèmes de lancement de Amazon Leo, explique d’ailleurs qu’avec des centaines de satellites déjà prêts au vol au Cap et une installation dédiée d’intégration verticale, le groupe a une trajectoire claire pour accélérer les déploiements après le lancement initial du service plus tard cette année.
L’objectif est clair, le retard sur Starlink aussi
Le contraste est net. Leo s’apprête à entrer en service avec un peu plus de 390 satellites, pendant que SpaceX exploite déjà plus de 10 000 satellites pour Starlink. Techniquement, l’annonce d’Amazon est solide. Industriellement, l’écart reste immense.
Chris Weber, vice-président de Amazon Leo, résume la situation en expliquant que les derniers tirs ont permis d’atteindre un niveau suffisant pour un service continu sur des latitudes initiales, tout en rappelant qu’il reste beaucoup de travail, notamment la montée à l’altitude assignée.
Blue Origin reste dans l’équation malgré le contretemps
Et Amazon ne compte pas seulement sur ULA. Le groupe prévoit aussi d’utiliser New Glenn, le lanceur de Blue Origin, avec une capacité de plus de 48 satellites par mission. Problème, le pas de tir de New Glenn a explosé en mai lors d’un essai de mise à feu statique, ce qui a repoussé les missions prévues sur cette fusée.
Blue Origin, autre société fondée par Jeff Bezos, construit néanmoins un nouveau pas de tir et vise des vols New Glenn d’ici la fin de l’année. Bref, Amazon est prêt à ouvrir, mais la vraie bataille se jouera sur la cadence.