Bruxelles somme TikTok de revoir ses fonctionnalités jugées « addictives » pour les utilisateurs

Image d'illustration. TiktokByteDance / PR-ADN
L’Union européenne reproche à TikTok d’avoir recours à des mécanismes incitant fortement les utilisateurs à rester connectés sur sa plateforme. Bruxelles demande au réseau social chinois de modifier ces pratiques jugées préjudiciables, notamment pour les jeunes.
08Tl;dr
- L’UE juge TikTok non conforme au Digital Services Act.
- Algorithme et défilement infini considérés comme « addictifs ».
- TikTok risque une lourde amende et doit se défendre.
Bruxelles s’attaque aux ressorts addictifs de TikTok
Depuis plusieurs mois, la tension monte entre la Commission européenne et TikTok. Dernière étape en date : l’exécutif européen vient de déclarer que certaines fonctionnalités phares de la plateforme enfreignent le Digital Services Act, ce texte clé visant à protéger les utilisateurs des dérives du numérique.
Au cœur de la controverse ? Le fameux algorithme de recommandation, mais aussi le mécanisme de défilement infini, l’autoplay ainsi que les notifications incitatives. Selon les autorités, ces outils favorisent une utilisation compulsive de l’application, exposant particulièrement les plus jeunes à des risques accrus pour leur bien-être. À ce stade, il ne s’agit certes que de conclusions préliminaires, mais le ton est donné : « Les recherches scientifiques montrent que récompenser sans cesse l’utilisateur avec du nouveau contenu encourage un comportement compulsif et peut diminuer le contrôle de soi », ont souligné les régulateurs européens.
L’insuffisance des mesures actuelles pointée du doigt
La question n’est pas nouvelle : face à la montée des préoccupations sur la santé mentale des mineurs, TikTok avait déjà introduit divers dispositifs parentaux et limites d’écran. Pourtant, selon la Commission, ces garde-fous restent loin du compte. Si rien ne change, la plateforme pourrait devoir aller beaucoup plus loin : restreindre son défilement sans fin ou revoir en profondeur ses recommandations personnalisées.
Voici ce qui est notamment exigé par Bruxelles :
- Mieux encadrer l’accès aux contenus via des contrôles renforcés.
- Diminuer l’exposition aux mécanismes dits « addictifs ».
- Ajuster les systèmes de notifications et d’autoplay jugés trop intrusifs.
TikTok sur la défensive face aux accusations européennes
Face à cette offensive réglementaire, la réaction du géant chinois ne s’est pas fait attendre. La société affirme que « les constats préliminaires de la Commission dressent un portrait catégoriquement faux et dénué de tout fondement de notre plateforme ». Signe d’un bras-de-fer engagé, TikTok promet déjà d’utiliser « tous les moyens disponibles » pour contester ces accusations.
Rappelons que cette procédure s’inscrit dans une enquête plus large ouverte début 2024 autour des pratiques controversées du réseau social en matière de partage de données et de transparence publicitaire. À terme, si la violation du DSA était confirmée, l’entreprise risquerait jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires mondial annuel.
Et maintenant ?
L’affaire n’en est encore qu’à ses débuts. La balle est désormais dans le camp de TikTok, qui a l’opportunité de répondre aux griefs formulés par l’Europe. Mais au vu des enjeux notamment pour la protection des jeunes internautes , il y a fort à parier que le débat sur les responsabilités des grandes plateformes numériques ne fait que commencer.