Whoop attaque Polar en justice pour le design du bracelet connecté Loop

Image d'illustration. WhoopWhoop / PR-ADN
La société américaine Whoop a engagé une action en justice contre Polar, l’accusant de plagiat concernant le design de son bracelet connecté Loop. Ce litige oppose deux acteurs majeurs du marché des objets connectés dédiés au suivi de la condition physique.
Tl;dr
- Whoop attaque Polar pour copie de design sans écran.
- Le litige vise la commercialisation du Polar Loop aux États-Unis.
- Le secteur des objets connectés devient de plus en plus procédurier.
Une nouvelle bataille judiciaire secoue le marché des objets connectés
L’univers des trackers d’activité se retrouve une fois de plus plongé dans les arcanes judiciaires. Cette fois, c’est la société Whoop qui porte plainte contre Polar, accusant son rival d’avoir copié le design de son célèbre bracelet d’activité sans écran. Après les procédures engagées par Suunto et Strava contre Garmin pour atteinte à la propriété intellectuelle, ce nouvel épisode témoigne d’une tendance grandissante à la judiciarisation dans ce secteur en plein essor.
Les éléments en cause : une esthétique revendiquée
Déposée à New York le 14 octobre, la plainte de Whoop vise précisément le modèle Polar Loop, un bracelet connecté sans affichage et recouvert de tissu. Selon la marque plaignante, plusieurs éléments distinctifs auraient été « copiés » : bandeau tissé continu masquant le capteur, fins accents métalliques sur les côtés, fermoir en U rabattable et surtout, l’absence totale d’écran ou de boutons, une conception qualifiée de « faceless ».
Ce qui distingue cette affaire, c’est l’argument avancé par Whoop : ces choix relèveraient davantage de l’esthétique que de la technique. En clair, ils permettraient à la marque de se différencier visuellement, ouvrant potentiellement la voie à une protection similaire à celle d’une marque déposée si leur caractère non fonctionnel est reconnu.
Des répercussions possibles sur tout le secteur
Pour l’heure, la procédure suit son cours. Les utilisateurs du Polar Loop, tout comme ceux des produits Whoop, doivent donc patienter dans l’incertitude quant au dénouement. Un point demeure : si la justice reconnaissait la « distinctivité » » du design Whoop, la décision pourrait bouleverser les pratiques des fabricants de wearables, habitués à s’inspirer mutuellement.
Il est intéressant de constater que les actions en justice se multiplient ces derniers mois parmi les géants du secteur :
- Oura poursuit des fabricants de bagues connectées comme RingConn, Ultrahuman et Circular (France) mais un accord amiable a été trouvé en juin 2024 : Circular peut vendre aux États-Unis en payant des redevances. Oura n’a plus poursuivi Circular.
- Suunto et Strava s’en prennent à Garmin.
Une agressivité nouvelle dans la défense de leurs créations, reflet d’un marché aussi concurrentiel que créatif.
L’attente et la prudence restent de mise
À ce stade, aucune déclaration n’a émané ni de la part de Polar, ni de Whoop. Le silence s’impose, litige oblige. Mais au-delà de cette affaire spécifique, c’est toute l’industrie des objets connectés qui observe attentivement les conséquences potentielles d’un tel bras de fer judiciaire.