Walmart et Amazon défient Visa : l’assaut crypto des géants du commerce

Image d'illustration. VisaVisa
Les titans de la distribution envisagent leur propre stablecoin pour contourner Visa et Mastercard. Une révolution qui pourrait bouleverser le paysage des paiements numériques.
Tl;dr
- Walmart et Amazon envisagent leur propre stablecoin en dollars.
- L’objectif : contourner Visa et Mastercard, réduire les frais.
- Attente d’un cadre réglementaire clair aux États-Unis.
Des géants de la distribution prêts à bousculer les paiements
Après des années de rumeurs et d’initiatives isolées, Walmart et Amazon s’apprêteraient à franchir une nouvelle étape décisive dans le secteur des paiements. Selon le Wall Street Journal, ces mastodontes du commerce réfléchissent à lancer chacun leur propre stablecoin adossé au dollar américain, ou même à rejoindre un consortium regroupant d’autres distributeurs. Une ambition claire : se passer des traditionnels réseaux bancaires comme Visa et Mastercard, qui prélèvent entre 2 et 3 % de frais sur chaque transaction. En toile de fond, l’espoir de générer des économies massives, d’accélérer les règlements, tout en offrant des transactions plus rapides et moins onéreuses pour leurs clients.
Des stablecoins : promesse de flexibilité et de profits
Contrairement aux cryptomonnaies classiques, les stablecoins – ces jetons numériques liés à une monnaie fiat – présentent un intérêt particulier pour les géants du commerce. D’abord parce qu’ils permettent de réduire considérablement la dépendance vis-à-vis des banques traditionnelles. Mais aussi parce qu’ils peuvent être créés par une entreprise technologique sans nécessairement passer par un établissement bancaire. Cela dit, il reste indispensable de disposer d’importantes réserves financières pour garantir la stabilité du jeton – ce qui explique pourquoi une alliance entre Walmart et Amazon paraît crédible.
De précédentes tentatives laissaient déjà présager cette tendance : Amazon avait publié en 2021 une offre d’emploi axée sur la blockchain et les paiements numériques ; Walmart, quant à lui, avait déposé deux ans plus tôt un brevet pour un jeton USD destiné aux personnes non bancarisées – projet finalement resté lettre morte.
Une onde de choc sur les marchés financiers
L’annonce n’est pas passée inaperçue : en quelques heures seulement, les actions Visa et Mastercard ont chuté de 5 à 6 %, tandis que d’autres opérateurs comme PayPal ou FIS ont essuyé des pertes plus modérées. À l’inverse, les titres liés à l’univers crypto ou aux infrastructures de stablecoins ont connu un léger regain d’intérêt.
Plusieurs éléments expliquent cette décision :
- Marge bénéficiaire accrue pour les commerçants grâce à des frais moindres.
- L’automatisation possible via des « smart contracts » pour remboursements ou programmes fidélité.
- Dynamique concurrentielle accrue, favorisée par l’innovation technologique.
L’avenir suspendu au vote du Congrès américain
Toutefois, la route demeure semée d’incertitudes réglementaires. Le véritable coup d’envoi dépendra très probablement du GENIUS Act – projet bipartisan devant instaurer un cadre strict autour des stablecoins : réserves garanties, audits réguliers, conformité anti-blanchiment… Si plus de 120 amendements restent encore débattus au Sénat, un vote final est attendu dans les prochaines semaines avant passage devant la Chambre des représentants.
Dans le sillage de cette actualité brûlante, Revolut et Robinhood ont eux aussi évoqué publiquement leur intérêt pour le lancement potentiel de leur propre stablecoin – preuve que le secteur fourmille désormais d’initiatives prêtes à redéfinir durablement le paysage du paiement numérique.