Véhicules autonomes : la lente révolution des plateformes VTC

Image d'illustration. Véhicule autonome de covoiturage avec logos uber et lyftADN
Lors du Web Summit, Uber et Lyft ont montré qu'ils amorcent prudemment la transition vers les véhicules autonomes. Entre réglementation, préférences des passagers et alliances stratégiques mondiales, la mutation du transport urbain s’annonce plus longue et plus humaine que prévu.
Tl;dr
- Lancement progressif des véhicules autonomes par Uber et Lyft.
- Réglementations, infrastructures et préférences freinent la transition.
- Partenariats clés entre entreprises américaines, chinoises et européennes.
Des ambitions mesurées pour les véhicules autonomes
Lors du dernier Web Summit à Lisbonne, les géants occidentaux de la réservation de voitures avec chauffeur, tels qu’Uber et Lyft, ont esquissé un déploiement très progressif des véhicules autonomes. Malgré l’avancée rapide des technologies, plusieurs obstacles se dressent encore : l’adaptation des infrastructures urbaines, la nécessité d’un cadre réglementaire solide ou encore la préférence persistante de certains clients pour le contact humain.
Un réseau mondial de partenariats stratégiques
Face à ces défis, les plateformes multiplient les alliances. Lyft, qui détient environ 30 % du marché américain après l’acquisition de l’application européenne FreeNow, prévoit ainsi des expérimentations limitées à certaines villes dès l’an prochain. À Nashville par exemple, une collaboration est annoncée avec la start-up californienne Waymo, déjà active à San Francisco dans l’autonomisation des trajets. En Europe, la société s’associera à Baidu, un poids lourd chinois de la tech, pour tester ses solutions en Allemagne et au Royaume-Uni — deux marchés particulièrement ouverts à ce type d’innovation selon le dirigeant de FreeNow.
Uber, de son côté, renforce ses liens avec divers acteurs comme WeRide dans le Golfe ou encore Waymo aux États-Unis. Un détail marquant : dans le domaine des véhicules autonomes, la rivalité sino-américaine laisse place à une forme de coopération pragmatique. D’ailleurs, il serait illusoire pour les constructeurs chinois d’espérer conquérir seuls le marché américain selon David Risher (Lyft) ; sur le Vieux Continent aussi, ils privilégient clairement les alliances locales.
Pilotage humain : un atout qui demeure
Malgré ces avancées techniques et stratégiques, les responsables d’Uber comme de Lyft tempèrent : la majorité des courses continueront d’être assurées par des conducteurs humains « pour les années à venir ». Le passage vers une flotte totalement automatisée s’annonce complexe ; il faudra jongler avec plusieurs facteurs essentiels :
- Mise en place d’un cadre réglementaire adapté.
- Nécessité d’investissements massifs en infrastructures et énergie.
- Satisfaction des besoins humains : aide aux bagages ou simple échange chaleureux.
D’ailleurs, comme le souligne Andrew Macdonald (Uber) : « Ce n’est pas un projet que l’on pilote à distance ». Au-delà du progrès technologique pur, c’est bien toute l’organisation sociale autour du transport qui se trouve questionnée.
L’équilibre entre technologie et attentes sociales
Finalement, même si « rendre les véhicules autonomes plus sûrs que leurs homologues humains » paraît presque acquis sur le plan technique selon Uber, reste la délicate question de leur acceptation commerciale. Un succès même partiel – dix pour cent du chiffre d’affaires dans cinq ans – serait déjà considéré comme un tournant majeur. Mais au fond, nombre d’usagers resteront attachés au lien humain tissé lors d’un trajet… Et cela pourrait bien ralentir plus que prévu cette révolution annoncée.