Porté par Starlink et la location de puissance de calcul à Google et Anthropic, SpaceX a presque doublé son chiffre d’affaires. Mais l’action recule.
En bref
- SpaceX grimpe à environ 7,2 milliards d’euros
- Starlink et le compute portent la hausse
- Le titre recule malgré l’IPO
L’action de SpaceX a glissé après Bourse, jusqu’à 8 % de baisse, alors que le groupe vient de publier des chiffres que pas mal de concurrents lui envieraient. C’est le paradoxe du moment. Une croissance très lourde, et un marché qui regarde déjà plus loin.
Une publication solide, un marché plus froid
Pour son premier trimestre publié depuis son entrée en Bourse, SpaceX affiche environ 7,2 milliards d’euros de ventes sur le deuxième trimestre 2026, contre environ 3,7 milliards un an plus tôt. Soit 92 % de hausse. La société avait levé plus de 78 milliards d’euros (85 milliards de dollars) lors de son IPO, pour une valorisation d’environ 1,61 billion d’euros (1,75 trillion de dollars), puis renforcé sa caisse avec une émission obligataire. À l’arrivée, elle dispose d’un trésor de guerre d’environ 92 milliards d’euros.
Et pourtant, le titre ne suit pas. Après avoir brièvement dépassé Amazon et presque rejoint Microsoft en capitalisation dans les premiers jours de cotation, l’action est retombée sous son prix d’introduction, fixé à environ 116 euros (135 dollars) par Elon Musk. Mardi, elle a clôturé à un peu plus de 107 euros (125 dollars).
Deux moteurs tirent vraiment la machine
Le détail des chiffres raconte quelque chose de simple. Starlink continue d’accélérer, avec environ 1,6 milliard d’euros de revenus supplémentaires sur un an. Et la division IA apporte à elle seule près de 1,8 milliard d’euros de croissance.
Résultat ? Un chiffre d’affaires qui décolle, mais une rentabilité encore incomplète. SpaceX perd environ 498 millions d’euros sur le trimestre, ce qui reste lourd, même si on est loin de la perte d’environ 920 millions enregistrée un an plus tôt.
Le vrai pivot, c’est la location de capacité
Les contrats signés avec Anthropic et Google, annoncés juste avant l’IPO, changent la lecture du dossier. L’ancienne xAI, désormais intégrée à la division IA de SpaceX, cherchait à rattraper OpenAI et Anthropic sans vraiment y parvenir commercialement. En parallèle, xAI s’est aussi traîné plusieurs scandales, notamment quand Grok s’est présenté comme « MechaHitler » ou quand la technologie a généré des contenus pédocriminels.
Du coup, SpaceX a recyclé une partie de son infrastructure. Le groupe avait déjà construit deux data centers à Memphis et près de Memphis, dans le Tennessee, pour entraîner ses modèles. Une part importante de cette capacité sert maintenant à être louée. Selon Bret Johnsen, cette monétisation du compute disponible produit des marges d’EBITDA incrémentales élevées.
Des ambitions énormes pour la fin d’année
Le directeur financier, Bret Johnsen, dit aussi que SpaceX a déjà environ 6,2 milliards d’euros (6,7 milliards de dollars) de revenus cloud sous contrat sur une période de six mois qui commencera à monter en puissance dès octobre. Et il estime qu’une fois Cursor totalement intégré, le groupe peut viser un rythme de revenus annualisé d’environ 92 milliards d’euros (100 milliards de dollars) d’ici la fin de l’année.
C’est ambitieux, clairement. Surtout quand on rappelle que SpaceX avait déclaré environ 17,2 milliards d’euros de revenus sur l’ensemble de 2025.