Le chinois SpaceSail sécurise un financement record pour son réseau en orbite basse. Derrière le montant, c’est toute l’ambition satellitaire privée de la Chine qui change d’échelle.
En bref
- SpaceSail lève environ 890 millions d’euros
- Qianfan compte déjà 238 satellites
- La Chine vise Starlink en orbite basse
Un fossé immense, mais un cap désormais financé
Plus de 10.000 satellites d’un côté, 238 de l’autre. Vu du terrain, l’écart entre SpaceX et SpaceSail reste massif. Mais c’est justement ce qui rend la levée annoncée par SpaceSail importante pour l’industrie mobile et connectée, parce qu’on ne parle plus d’un projet théorique, on parle d’un acteur chinois qui trouve les moyens d’accélérer en orbite basse.
L’entreprise a bouclé un financement record d’environ 890 millions d’euros (7 milliards de yuans, soit 1 milliard de dollars) pour pousser la construction d’un réseau LEO pensé pour concurrencer Starlink. Le sujet dépasse la seule bataille spatiale. Derrière, il y a la promesse de l’internet satellitaire et de la connectivité directe vers les appareils.
En face, Starlink garde une avance très nette. SpaceX indique exploiter plus de 10.000 satellites et servir plus de 12 millions d’abonnés. Pas de quoi confondre vitesse et précipitation chez SpaceSail, mais le signal envoyé au marché est clair quand même.
Une série B record pour le satellite internet chinois
Cette opération a été finalisée lundi par Shanghai Spacecom Satellite Technology, le nom officiel de SpaceSail, opérateur de la constellation Qianfan. L’information figure dans un avis publié sur le site de la Shanghai United Assets and Equity Exchange.
Au total, 18 investisseurs ont participé. Parmi eux, Shanghai Alliance Investment, soutenu par l’Etat, et le fonds orienté hard tech CAS Star. Avec cette injection de capital, qui représente 13,94 % du capital, la société atteint une valorisation d’environ 6,4 milliards d’euros (50 milliards de yuans).
Bref, on est sur un changement d’échelle. Pour le spatial privé chinois, voir une série B de cette taille dans le satellite internet n’a rien d’anodin.
Qianfan accélère déjà en orbite basse
Fondée en 2018 à Shanghai, SpaceSail n’arrive pas les mains vides. La société a lancé 54 satellites en 2024. En 2025, son total est monté à 108. Et après son dernier déploiement, au début du mois de juillet, elle exploite désormais 238 satellites Qianfan, d’après la commission de supervision des actifs publics de Shanghai, la Sasac locale.
Ce rythme compte autant que le chèque. La Chine pousse la construction de vastes constellations en orbite basse pour fournir du haut débit et de la connexion directe vers les terminaux. Pour l’écosystème mobile, c’est le point clé. Si ces réseaux prennent vraiment corps, ils peuvent peser sur la couverture, sur les usages hors zone dense et sur la concurrence mondiale face à Starlink.
Le plus intéressant, ici, c’est peut-être ça. SpaceSail reste loin derrière aujourd’hui, mais il ne s’agit plus d’une ambition floue.