Sailfish OS : une alternative souveraine face à iOS et Android

Image d'illustration. Jolla 2025Jolla / PR-ADN
En relocalisant la production à Salo, Jolla signe le retour d’un smartphone européen fondé sur la souveraineté numérique, la confidentialité et l’ouverture. Un pari audacieux… qui séduit déjà bien au-delà des frontières finlandaises
Tl;dr
- Jolla Phone dépasse 2 500 précommandes en deux jours.
- Sailfish OS offre une alternative européenne indépendante et privée.
- Production relocalisée à Salo, fief historique de Nokia.
Un retour inattendu de la téléphonie mobile européenne
S’il y a quelques années, l’idée d’un véritable smartphone européen semblait relever du fantasme, le lancement du nouveau Jolla Phone rebat aujourd’hui les cartes. Présenté par la société finlandaise Jolla (des anciens de Nokia qui ont créé en 2013 cette entreprise), ce téléphone entièrement assemblé à Salo, là-même où Nokia bâtissait autrefois son empire a franchi la barre des 2 000 précommandes en moins de 48 heures. À peine le week-end achevé, ce chiffre avait déjà dépassé les 2 500 unités, preuve d’un engouement qui, pour beaucoup d’observateurs, était loin d’être acquis d’avance.
L’Europe cherche son indépendance technologique
Dans un contexte dominé par les géants américains et chinois, rares sont ceux qui peuvent revendiquer une indépendance réelle sur le marché du mobile. Le Jolla Phone se distingue par son système d’exploitation maison : Sailfish OS, basé sur Linux. Seuls quatre OS majeurs subsistent aujourd’hui : iOS (Apple), Android (Google), HarmonyOS (Huawei)… et donc Sailfish, la seule proposition européenne à grande échelle. Derrière ce choix technologique, une ambition assumée : offrir une alternative qui ne cède rien sur la confidentialité des données ou la souveraineté numérique.
« L’Europe a besoin de sa propre technologie. Jolla veut inspirer d’autres entreprises à bâtir un nouvel écosystème européen » », affirme Antti Saarnio, président du conseil de Jolla Group Oy. Une prise de position partagée par Sami Pienimäki, PDG de Jolla Mobile Oy : « C’est un hommage au savoir-faire finlandais et une preuve que l’Europe peut encore imposer ses conditions technologiques ».
Sécurité et ouverture : un positionnement atypique
Côté expérience utilisateur, le Jolla Phone joue la carte de la sécurité sans sacrifier l’ouverture. Le système n’envoie aucune donnée en arrière-plan, ne cache aucune analyse intrusive et fonctionne sans compte Google. Mieux encore : il intègre un commutateur physique pour désactiver micro, caméra ou capteurs selon le souhait de l’utilisateur. Pour autant, grâce à la technologie AppSupport développée par Jolla, les applications Android restent accessibles – y compris celles des banques ou des messageries populaires.
L’avenir se prépare depuis Salo
Le choix de Salo pour l’assemblage final fait évidemment écho à l’âge d’or de Nokia. Ce clin d’œil au passé s’accompagne d’une volonté d’ancrer durablement en Europe un acteur capable de conjuguer souveraineté technologique, ouverture logicielle et défense des libertés individuelles. D’ailleurs, face au succès fulgurant des premières ventes (plus de 1,2 million d’euros engagés), Jolla relance dès maintenant une nouvelle série de précommandes pour 2 000 unités supplémentaires à 549 euros pièce.
Les utilisateurs intéressés découvriront notamment :
- Ecran AMOLED Full HD+ de 6,36 pouces protégé par Gorilla Glass
- Batterie amovible de 5 500 mAh et double SIM
- Mémoire extensible jusqu’à 2 To et appareil photo principal de 50 MP
La distribution devrait démarrer début 2026 dans toute l’Union européenne ainsi qu’au Royaume-Uni, en Norvège et en Suisse. De quoi espérer voir émerger enfin une alternative crédible face aux géants habituels du secteur.