Publié le 8 mars 2013, modifié le 3 novembre 2020.
Par La Rédaction

Quel futur pour les stores d’application mobile ?

Publié le 8 mars 2013, modifié le 3 novembre 2020.
Par La Rédaction

Cet article a pour but de faire réfléchir sur un point important : le remplissage incessant des stores et leur niveau de maturité. Existe t'il encore de l'innovation ou de la créativité quand il s'agit d'applications mobiles ?

Il y a peu, je suis tombé sur un article (un peu ancien) sur le net expliquant avoir testé des dizaines de clients Twitter pour Android (lire ici). Des dizaines ! Pour une seule et même utilisation (je ne les ai pas testé, mais je ne pense pas qu’ils proposent des possibilités radicalement différentes). Et ce n’est pas un cas isolé, lorsque l’on jette un coup d’oeil aux stores, on se rend compte qu’il y a énormément d’applications qui répètent la même fonctionnalité que d’autres avant elles (mail, news, prise de notes jusqu’aux jeux …).

De même, je suis récemment allé à un évènement BeMyApp dont les thèmes étaient Windows 8 et l’Open Data (qui consiste en l’ouverture par les collectivités ou les villes de leurs données au grand public, voir ici). Il y avait donc potentiellement matière à faire des applications intéressantes et originales. Eh bien … au final mon sentiment était assez mitigé. Tout n’était pas mauvais, de nombreuses applications proposées étaient d’ailleurs de bonnes idées mais la plupart se basaient sur des concepts déjà existants soit en introduisant une légère variante, soit en étant trop spécialisées (un réseau social de danse ou un réseau social citoyen pour prévenir qu’un lampadaire de sa rue est cassé, …).

De moins en moins d’innovation dans les applications ?

Aujourd’hui, créer une application est relativement facile que ce soit sur le fond (contenu via les API par exemple) ou sur la forme (le développement). Cependant, n’use t’on pas trop de ces deux moyens ? Chaque semaine, des milliers d’applications sont soumises sur les stores qui en sont déjà à environ 2M au total (pour les principaux AppStore et Google Play), mon sentiment est que, au vu des deux exemples précédents, ces magasins digitaux en ingurgitent un nombre important qui ont très peu de réelle valeur ajoutée. Cela me fait poser une question : existe t’il encore de la réflexion et de l’innovation dans la création ou en est-on arrivé, pour la plupart à un niveau où il faut absolument faire une application quitte à copier ou à sortir n’importe quoi ?

Bien sur la copie peut-être bénéfique, lorsqu’elle permet de tirer le meilleur d’un service et d’améliorer la proposition de base. D’ailleurs, il vaut toujours mieux avoir plusieurs leaders sur un même domaine, cela force la compétitivité et contente l’utilisateur. Et puis l’hyper-spécialisation est aussi une grande force car elle à tout le monde d’y  trouver son compte.

Mais, si j’utilise Twitter, pourquoi irai-je utiliser TweetCast, si j’utilise Mail, pourquoi irai-je utiliser Sparrow ? Même si l’expérience est plus agréable, la plupart des gens s’attachent à une fonctionnalité de base et ont du mal à passer à autre chose, surtout si il faut tout transférer. Il ne faut pas non plus oublier que créer une application n’est que la partie émergée de l’iceberg, il faut ensuite la maintenir, la marketer, ce qui est assez dur pour des services hyper spécialisé, créés la plupart sur un coup de tête avec un modèle de développement souvent quasi inexistant. Tout juste pourront-elles vivoter avec leur niche.

Les stores, encore jeunes ou déjà à maturité ?

Mais les stores sont assez darwiniens, et même si Internet a permis de développer le concept de la longue traîne où les outils de recherche ont pris une grande importance dans la découverte, je doute que les mêmes schémas de recherche existent pour les stores où les gens recherchent sans doute plus par nom d’applications ou mots clés génériques que par longue phrase très spécialisées. Ainsi, même si Apple a récemment amélioré sa recherche (depuis iOS6), même si des moyens de découverte existent (AppsFire, Appli Privée, …), la meilleure place réside encore dans les tops (où il y a peu d’élus). De plus la masse est assez suiveuse, elle ne télécharge et n’utilise que les applications dont elle a entendu parler, qui sont souvent les mêmes que dans les tops. Cela pose une deuxième question, se dirige t’on vers des stores cimetières où la longue traîne des applications est très peu connue et donc très peu maintenue ?

Néanmoins, si on y réfléchit bien, ne serait-ce pas au contraire l’évolution logique de ces magasins digitaux qui ont déjà quelques années d’existence ? Au début des stores, j’avais l’impression qu’il y avait uniquement des applications vitrine, marketing et seuls les ‘gros’ avec des moyens se positionnaient, il y avait alors peu de développeurs sur ce domaine. Très vite, quasiment en parallèle, l’intervention de ‘pure player mobile’ ont apporté de réels services (Foursquare, Evernote, La Fourchette, …) en profitant des possibilités des appareils. Mais aujourd’hui, le volume de développeurs a considérablement augmenté, peut-être est-on arrivés à un niveau de maturité qui implique cette stagnation. Peut-être aussi (surement) que parmi la masse proposée, certaines sont très bien et méritent d’être plus connues. Les stores devraient-ils alors revoir leur méthode de distribution ou de recherche, doivent-ils être encore plus segmentés ?

Cet article est volontairement caricatural, mais des questions peuvent néanmoins se poser sur le contenu des stores et l’accessibilité à ce contenu. Bien sur ce sujet est très vaste et il se retrouve dans de nombreux domaines où les barrières à l’entrée sont minces, (Internet par exemple). Ce qui me semble regrettable toutefois, c’est que ce principe s’applique encore même pour un support aussi innovant dans l’usage que le mobile. Une chose est sure, c’est que le futur s’annonce encore bien complet pour ces stores qui vont devenir boulimiques d’applications.

 

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