Orange ajoute une marketplace à ses boutiques Orange et Sosh. Derrière ce lancement, les opérateurs testent un vrai basculement vers le commerce tech.
En bref
- Orange lance sa marketplace le 22 septembre
- 8 000 produits au départ, 40 000 visés
- Les opérateurs misent sur leur relation client
Orange ne lance pas juste un rayon accessoires un peu plus large. Ce 22 septembre, l’opérateur met en place une marketplace intégrée à Orange et Sosh, avec une logique bien plus intéressante pour l’écosystème mobile: transformer une base d’abonnés, des apps très fréquentées et une marque installée en machine à vendre de la tech.
Orange ne cherche pas le volume pour le volume
Au départ, on parle de plus de 8 000 références, avec un objectif de plus de 40 000 d’ici la fin de l’année. Le catalogue couvre les consoles, les smartphones reconditionnés, la maison connectée, les PC, les montres et objets connectés, mais aussi les tablettes et la TV. Le reconditionné pèse déjà lourd, avec plus de 1 500 produits et, d’après Orange, des tarifs pouvant descendre jusqu’à 50 % sous le neuf.
Le point clé est ailleurs. Cette fois, Orange n’essaie pas de tout stocker lui-même. L’opérateur ouvre sa boutique à des vendeurs tiers basés en Europe, en misant sur un actif que pas mal de retailers lui envieraient: la confiance attachée à sa marque.
Ailleurs, les opérateurs ont déjà élargi leur terrain de jeu
Ce mouvement n’a rien d’isolé. Aux États-Unis, AT&T et Verizon vendent déjà bien plus que des téléphones, avec de l’audio, du gaming, des enceintes, du smart home ou encore des lunettes connectées. Chez Verizon, les bundles servent même à faire grimper le panier moyen autour du smartphone.
Au Royaume-Uni, EE, propriété de BT, pousse déjà une offre d’accessoires très large. Vodafone UK, lui, a fait du reconditionné un axe commercial à part entière, avec reprise, contrôle technique et garantie.
Et en Asie, la frontière saute carrément. Singtel vend aussi des projecteurs, des ordinateurs, des produits photo ou du petit électroménager, parfois sans forfait, avec paiement étalé via Singtel PayLater. KT, en Corée du Sud, mélange produits AI, audio, tablettes, montres, appareils reconditionnés et électroménager. SoftBank, au Japon, pousse même le financement sur 48 mensualités.
Le vrai actif, ce n’est pas le stock
Pourquoi c’est important? Parce que les opérateurs cumulent quatre leviers rares: des millions de clients identifiés, une facturation récurrente, des canaux digitaux très fréquentés et une relation de confiance qui dure. Ajoutez à ça le trade-in, l’assurance, la livraison, les boutiques physiques, le paiement fractionné. Résultat?
Une marketplace opérateur peut vendre plus sans posséder tout le stock, tout en gardant la main sur l’expérience.
Le smartphone devient la porte d’entrée du commerce
Pendant des années, le smartphone servait à vendre de la connectivité. Là, le raisonnement s’inverse. Le terminal devient le point d’entrée pour vendre des écouteurs, des montres, des lunettes AI, du gaming, de la TV, du cloud personnel, de la cybersécurité, voire demain des offres SaaS, IoT ou IA.
Orange ne joue évidemment pas à devenir un Amazon généraliste. Son pari est plus fin, et franchement plus crédible: construire un commerce tech intégré à Orange et moi et MySosh, avec recommandations, reprise, financement, support et fidélité. Si ça prend, l’opérateur ne sera plus seulement un vendeur de forfaits. Il deviendra un point d’entrée du commerce numérique.