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OpenAI retourne au tribunal après un nouveau suicide lié à ChatGPT

Tech / OpenAI / Justice / Suicide
Par Christophe Romei,  publié le 12 juin 2026 à 9h00.
Tech
Smartphone ChatGPT devant un tribunal

Image d'illustration. Nouvelle plainte visant OpenAI et ChatGPT.ADN

Une nouvelle plainte accuse OpenAI de n’avoir pas stoppé des échanges suicidaires sur ChatGPT. Un dossier de plus, lourd pour l’écosystème IA.

En bref

  • Nouvelle plainte pour suicide lié à ChatGPT
  • OpenAI accusé d’avoir manqué de garde-fous
  • Toute l’industrie des chatbots est visée

Les dossiers s’accumulent autour des chatbots, et ce n’est plus un bruit de fond. Avec cette nouvelle procédure visant OpenAI, la question n’est plus seulement technique, elle devient franchement industrielle, juridique et réputationnelle pour toute l’IA conversationnelle.

Une plainte de plus, et le signal devient systémique

La société est poursuivie au nom de Kristie Carrier, dont la fille Alice Carrier est morte par suicide le 2 juillet 2025. La plainte soutient qu’Alice a parlé pendant des mois de ses pensées suicidaires et de ses projets à ChatGPT, sans que la plateforme ne mette en place les protections adaptées.

Le dossier vise à la fois la négligence et le wrongful death. Il réclame aussi une injonction pour forcer OpenAI à ajouter davantage de garde-fous à sa plateforme d’IA. Pour les acteurs du numérique, ce point compte beaucoup, parce qu’il ouvre la porte à des obligations produit, pas seulement à des dommages financiers.

Le cœur du dossier, ce que le chatbot a fait ou n’a pas fait

Ce que reproche la plainte est assez net. Selon les plaignants, ChatGPT n’aurait ni interrompu la conversation, ni alerté la famille alors que l’utilisatrice évoquait un passage à l’acte.

L’un des avocats, Justin Nelson, associé chez Susman Godfrey, estime que des choix de conception délibérés d’OpenAI ont conduit à ce drame et qu’au lieu d’apporter de l’aide, le produit a encouragé un comportement suicidaire. En gros, le débat se déplace vers la responsabilité produit de l’IA générative, avec un angle très concret, celui du design conversationnel en situation de crise.

OpenAI a déjà bougé, mais les garde-fous restent partiels

L’an dernier, OpenAI a ajouté des contrôles parentaux à ChatGPT. Puis, en mai, l’entreprise a lancé une fonction permettant au chatbot de contacter quelqu’un au nom d’un utilisateur si celui-ci partage des pensées suicidaires.

Mais cette fonction n’est pas activée par défaut. Et elle ne concerne que les adultes. Résultat, la réponse existe, mais son périmètre reste limité, ce qui risque d’alimenter les critiques sur la sécurité native du service.

Pourquoi l’affaire compte pour tout le marché des chatbots

Ce n’est pas la première procédure du genre. L’an dernier déjà, OpenAI avait été nommé dans une première plainte pour wrongful death liée à un chatbot. Depuis, l’entreprise a aussi été poursuivie dans une affaire où son outil aurait renforcé les pensées délirantes d’un utilisateur avant son suicide, puis dans un autre dossier accusant ChatGPT d’avoir donné des conseils ayant mené à une mort par overdose accidentelle.

Et Character AI comme Gemini ont eux aussi été cités dans des actions en justice sur la sécurité de leurs chatbots. Clairement, on ne parle plus d’un incident isolé, mais d’un test grandeur nature pour les standards de sûreté de l’IA grand public.

Si vous ou un proche avez des pensées suicidaires, la ligne américaine de prévention du suicide reste joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au 1-800-273-8255, avec aussi un chat en ligne si aucun opérateur n’est disponible.

Le Récap
  • En bref
  • Une plainte de plus, et le signal devient systémique
  • Le cœur du dossier, ce que le chatbot a fait ou n’a pas fait
  • OpenAI a déjà bougé, mais les garde-fous restent partiels
  • Pourquoi l’affaire compte pour tout le marché des chatbots
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