L’accord conclu par Meta avec 48 États américains dépasse largement Facebook et Instagram. Il crée un levier juridique direct sur TikTok, YouTube et Snap.
En bref
- Meta paie environ 17 milliards d’euros (18 Md$)
- L’accord vise aussi TikTok, YouTube et Snap
- Les règles ados pourraient encore se durcir
Le point clé, il est là. Meta a certes soldé son bras de fer avec des procureurs généraux américains, mais l’accord ressemble surtout à un message envoyé à tout le secteur. Pour TikTok, YouTube et Snap, la fenêtre se rétrécit.
Un accord pensé pour déborder le cas Meta
Après avoir choisi de transiger plutôt que de poursuivre plusieurs semaines de procès, Meta a accepté de verser jusqu’à environ 17 milliards d’euros (18 Md$) à 48 États et quatre juridictions américaines, avec en toile de fond le financement d’initiatives supplémentaires de sécurité en ligne. Mais une partie de l’accord intrigue davantage, environ 5 milliards d’euros (5,3 Md$).
Cette somme dépend de la capacité des États à obtenir de TikTok et YouTube des changements comparables, ainsi que des sanctions similaires. Des juristes américains y voient un montage assez inhabituel, parce qu’il aligne les intérêts de Meta et des procureurs. En gros, les deux parties ont désormais intérêt à pousser les autres plateformes vers la même issue.
Ce que Meta accepte pour les ados, et ce qui pourrait durcir
Sur le produit, l’accord est loin d’être cosmétique. Meta doit renforcer la vérification d’âge et réduire plusieurs mécaniques d’usage pour les adolescents, notamment les notifications, les compteurs de likes et le temps passé dans Facebook et Instagram.
Pour l’instant, la borne fixée est de deux heures par jour pour les ados. Autre limite, plus concrète encore, ils ne pourraient plus publier ni faire défiler les contenus entre minuit et 6 heures. Et si Snapchat, TikTok et YouTube acceptent des termes comparables, ça se corse franchement, 60 minutes par jour sur chaque plateforme pendant dix ans, et un blocage nocturne étendu de 22 heures à 7 heures. La juge doit encore valider ces conditions, même si elle a laissé entendre qu’elle y était plutôt favorable.
Pourquoi TikTok, YouTube et Snap ont moins de marge
Le paradoxe, c’est que TikTok, YouTube et Snap n’étaient pas parties au dossier contre Meta, centré sur des accusations de communication trompeuse autour de la sécurité des apps et de collecte indue de données d’enfants. Du coup, ils n’ont aucune raison immédiate de signer. Mais ils ont quand même pas mal de raisons de s’inquiéter.
Car le front judiciaire est déjà ouvert. TikTok fait face à une action menée par une coalition de procureurs généraux. La ville de New York poursuit aussi les trois groupes pour leur impact présumé sur la santé mentale des adolescents. Et des milliers de plaintes venues de districts scolaires ou de particuliers s’ajoutent au paysage.
Bon, ce qui change vraiment pour l’écosystème mobile, c’est le précédent. Les États américains expliquent désormais qu’ils veulent transformer ce règlement en standard industriel. Et après la sortie de Meta du camp commun de défense face aux régulateurs, ses concurrents se retrouvent plus exposés, plus isolés, et sans doute moins enclins à repartir dans un nouveau combat long avec les États.