Meta dépasse Google en publicité tout en accélérant ses investissements massifs dans l’IA

Image d'illustration. Chaise meta futuriste et Écrans innovantsChaise Meta futuriste entourée d'écrans affichant la croissance financière et les tendances IA dans un espace de travail dynamique.
Meta affiche des résultats record tirés par la publicité, mais accélère ses investissements massifs dans l’IA tout en réduisant ses effectifs, sur fond de tensions réglementaires et d’incertitudes stratégiques.
Tl;dr
- Meta affiche une croissance record portée par la publicité.
- Investissements massifs dans l’infrastructure IA et licenciements annoncés.
- Baisse du nombre d’utilisateurs actifs quotidiens signalée.
Chiffres records, mais des nuages à l’horizon
Sur fond de transformation technologique rapide, Meta Platforms a dévoilé des résultats financiers jugés «milestone» par son PDG Mark Zuckerberg. Porté par une croissance publicitaire soutenue, le groupe a généré 56,3 milliards de dollars de revenus sur le premier trimestre 2026, soit un bond de 33 % par rapport à l’an passé. Les applications phares Facebook, Instagram, WhatsApp constituent le pilier de cette performance, cumulant à elles seules 55,9 milliards de dollars. La publicité en ligne y joue évidemment un rôle central.
Selon les dernières prévisions d’Emarketer concernant les dépenses publicitaires, Meta dépassera Google en termes de revenus publicitaires numériques totaux d’ici fin 2026, tant au niveau mondial qu’aux États-Unis. Sa croissance s’accélérant, Meta surpassera non seulement Google en valeur absolue, mais aussi en part de marché, devenant ainsi le moteur publicitaire numérique numéro un.
Google continue cependant de déjouer les pronostics de ceux qui pensent que ChatGPT et d’autres concurrents en IA le détrôneront prochainement, avec une croissance de 19 % de son chiffre d’affaires lié à la recherche. Les prévisions de emarketer indiquent que Google Gemini et Google AI Mode dépasseront ChatGPT cette année, et que Google prendra la tête du nombre d’utilisateurs d’IA générative d’ici le premier trimestre 2027
L’intelligence artificielle au cœur de la stratégie
Si la dynamique semble solide, elle s’accompagne d’investissements sans précédent dans l’infrastructure IA. Selon les projections revues à la hausse, les dépenses d’investissement devraient se situer entre 125 et 145 milliards de dollars pour 2026. Cette montée en puissance répond à la concurrence féroce : quand Alphabet table sur 185 milliards et Microsoft prévoit jusqu’à 190 milliards. M. Zuckerberg assume ce virage audacieux ; il défend sa stratégie malgré l’absence d’un «plan très précis pour chaque produit», convaincu que «la superintelligence personnelle destinée à des milliards d’utilisateurs est en chemin».
Tensions sociales et arbitrages internes
Cette mutation n’est pas sans conséquences en interne. Dans la foulée de ses résultats, le groupe a confirmé via sa directrice financière Susan Li, qu’environ 8 000 suppressions de postes étaient prévues, soit environ 10 % des effectifs. D’autres vagues pourraient suivre afin d’optimiser les équipes autour de l’adoption massive de l’IA. Selon Mme Li, «difficile aujourd’hui d’évaluer la taille optimale pour l’entreprise alors que tout évolue si vite avec l’IA».
À noter également : le maintien d’une prévision annuelle des dépenses comprises entre 162 et 169 milliards de dollars. Toutefois, la direction alerte sur un possible «perte matérielle liée aux procédures judiciaires» face à l’intensification du contrôle réglementaire sur les «sujets liés à la jeunesse» aux États-Unis et dans l’Union européenne.
Bémols et perspectives incertaines
Tout n’est pas rose : pour la première fois, le nombre d’utilisateurs actifs quotidiens sur les applications du groupe marque un repli, conséquence directe selon Meta des perturbations régionales comme les coupures Internet en Iran ou les restrictions imposées à WhatsApp en Russie.
Enfin, division à surveiller, le département Reality Labs, dédié au métavers (VR/AR), reste déficitaire avec une perte opérationnelle de quatre milliards de dollars pour seulement 402 millions générés (-2,4 %). Un signal faible mais symptomatique des arbitrages à venir alors que Meta accélère vers un avenir résolument tourné vers l’intelligence artificielle.