Le procès qui s’ouvre en Californie peut coûter très cher à Meta et peser sur des milliers d’autres dossiers liés aux effets de ses apps sur les mineurs.
En bref
- Meta affronte 29 États en Californie
- Le risque théorique monte à 1 288 milliards d’euros
- Le dossier peut peser sur d’autres plaintes
Pour Meta, le vrai danger n’est peut-être même pas l’amende finale. C’est l’effet de traîne. Si le groupe rechute dans ce procès californien, il donnera de l’élan à des milliers d’autres procédures qui l’accusent déjà d’avoir nui à ses utilisateurs, surtout les plus jeunes.
Un procès qui peut compter bien au-delà d’Oakland
Mardi 18 août, le dossier s’ouvre devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie. Meta avait tenté, jusqu’au bout, de faire annuler l’affaire. Raté. La semaine dernière, cette ultime manœuvre a échoué.
Ce n’est pas anodin. Le groupe traîne déjà des milliers de plaintes sur la sécurité de ses plateformes et leur impact sur la santé mentale des adolescents. Et il sort de deux revers qui comptent, à Los Angeles et au Nouveau-Mexique, dans des affaires proches. Meta a annoncé faire appel dans les deux cas, mais l’accumulation commence à peser. Même sur un géant.
Au deuxième trimestre 2026 seulement, l’entreprise dit avoir dépensé environ 2,2 milliards d’euros (2,4 milliards de dollars) en frais juridiques. Résultat, ce procès dépasse largement le cadre d’une audience de plus.
Ce que les États reprochent exactement à Meta
Au fond, les procureurs généraux visent deux blocs. D’un côté, ils accusent Meta d’avoir conçu des fonctionnalités addictives et d’avoir trompé le public sur la sécurité de Facebook et Instagram. De l’autre, ils attaquent sur la COPPA, la loi américaine sur la vie privée des enfants en ligne.
L’affaire vient d’une plainte lancée en 2023 après une enquête menée par plusieurs États. Selon eux, les pratiques de sécurité du groupe ont causé des dommages sérieux aux enfants et aux adolescents. Californie, Colorado, Kentucky et New Jersey poursuivent aussi Meta pour violation de leurs lois de protection des consommateurs.
Vingt-cinq autres États se joignent à eux sur la question COPPA. Leur thèse est simple, et lourde: Meta savait que des moins de 13 ans utilisaient ses services, tout en collectant leurs données sans autorisation.
Le chiffre qui frappe, et pourquoi il reste très théorique
Le montant avancé donne le vertige, quand même. Dans un document judiciaire, Meta affirme que les États réclament jusqu’à 1 288 milliards d’euros (1,4 trillion de dollars) de pénalités.
L’entreprise juge ce calcul sans base solide et totalement disproportionné. La juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers a déjà laissé entendre que ce total était déraisonnable. Mais elle a aussi contesté l’évaluation opposée de Meta, qui parlait d’environ 4 millions d’euros (4 millions de dollars). En gros, personne n’a encore cadré sérieusement la facture potentielle.
Une audience très observée, avec Zuckerberg en ligne de mire
Le procès doit durer environ six semaines. Particularité importante, le jury de huit membres n’aura qu’un rôle consultatif. La décision finale, sur la responsabilité comme sur les sanctions, reviendra à la juge.
Et il y aura du monde à la barre. Mark Zuckerberg et Adam Mosseri, patron d’Instagram, devraient témoigner. Plus tôt cette année, dans un autre procès à Los Angeles, Zuckerberg avait assuré qu’Instagram devait être « utile », pas addictif.
Meta, de son côté, soutient que les États n’apportent pas la preuve que des habitants ont été trompés, que certaines fonctionnalités banales sont présentées à tort comme nocives, et qu’on lui fait payer des difficultés touchant toute l’industrie, notamment sur la vérification d’âge. L’audio des audiences sera diffusé en direct sur la chaîne YouTube du tribunal.