Publié le 20 décembre 2019, modifié le 2 mars 2020.
Par La Rédaction

Le capitalisme du mobile ne s’est jamais aussi bien porté !

Publié le 20 décembre 2019, modifié le 2 mars 2020.
Par La Rédaction

Le capitalisme du mobile

Ce titre vient tout droit d’un commentaire qui sera publié dans un post que vous découvrirez le 6 janvier “Témoignages des vétérans 🙂 Sur la décennie de l’industrie du mobile”, et en le lisant, j’ai décidé d’aller un peu plus loin ! Déjà rien que le terme capitalisme peut vous faire penser à beaucoup de choses, et faire appel à votre éducation, voir à votre vie présente, mais nous allons rester sur le terrain de la technologie, plus particulièrement du mobile.

[Le capitalisme désigne un système politique et économique reposant sur la propriété privée, notamment des moyens de production, le libre échange sur des marchés et la libre concurrence – Le mot capital apparaît au xiie siècle et désigne alors une quantité d’argent à faire fructifier, il provient du mot latin « caput », qui signifie « la tête », à l’origine la tête de bétail (le cheptel)]

À l’échelle mondiale, le nombre d’abonnés mobiles uniques a atteint la barre des 5 milliards en 2018. Depuis début 2019, plus de 4 milliards de personnes dans les marchés émergents, soit 62% de la population, peuvent bénéficier de l’accès au mobile. Mais dans les Pays à revenu faible et intermédiaire, 15% des adultes ne possèdent toujours pas de téléphone mobile et 45% n’utilisent pas l’internet mobile et si les tendances actuelles se poursuivent, plus de 40% de la population sera toujours hors ligne en 2025. Il existe toujours un «écart de couverture» de 750 millions de personnes dans le monde qui vivent dans des zones qui ne sont pas couvertes par les réseaux mobiles à large bande.

En 2018, les technologies et services mobiles ont générés 3,9 billions de dollars de valeur économique (4,6% du PIB) au niveau mondial, une contribution qui devrait atteindre 4,8 billions de dollars (4,8% du PIB) d’ici 2023.

En regardant les dix dernières années, il semble juste de dire que cela a été la décennie des entreprises technologiques. Le boom des smartphones et la numérisation toujours en cours de nos vies ont aidé des entreprises telles que Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft («GAFAM») à atteindre des sommets sans précédent, transformant trois d’entre elles en sociétés de milliers de milliards de dollars, au moins temporairement.

Le sujet est tellement vaste, que voici 5 domaines dans lequel le capitalisme du mobile ne s’est jamais aussi bien porté !

EMPLOI

C’est un fait cette industrie à produit beaucoup de valeur, dans la création de richesse pour certains pays mais aussi dans la création d’emplois et cela dans de nombreux pays ! 14 millions d’emplois directement soutenus par l’écosystème mobile et plus de 17 millions indirectement dans le monde.

Par exemple Apple est implantée en Europe depuis plus de 35 ans maintenant, ils sont à l’origine de 1,7 million d’emplois. L’année dernière, ils ont investi plus de 10 milliards d’euros auprès de plus de 4 300 fournisseurs européens. Depuis le lancement de l’App Store en 2008, la vente d’apps dans le monde entier a généré plus de 20 milliards d’euros pour les développeurs en Europe. Apple a créé et soutenu 4,8 millions d’emplois en Chine, cela représente environ 2,5 fois le nombre d’emplois que l’entreprise prétend avoir créés et soutenus aux États-Unis.

COMPOSANT

Autant dire qu’en l’espace de 10 ans “la chaine alimentaire” de l’industrie du mobile n’est pas un long fleuve tranquille ! d’ailleurs cette semaine le groupe américain de défense des droits humains IRAdvocates a déposé un recours collectif fédéral contre Alphabet, Apple, Dell, Microsoft et Tesla au motif de “bénéficier et aider sciemment et encourager l’utilisation cruelle et brutale de jeunes enfants en République démocratique du Congo (RDC) pour mine de cobalt », un élément clé des batteries rechargeables lithium-ion.

Le procès a été déposé auprès du tribunal de district américain du district de Washington de Columbia au nom de 14 plaignants anonymes qui sont soit les tuteurs d’enfants tués ou mutilés dans un tunnel ou un mur s’effondre lors de l’extraction de cobalt en RDC ou des enfants mutilés dans les accidents. Source

SMARTPHONE

Le marché du smartphone est très lucratif pourtant, le capitalisme des smartphones, est une version moderne de l’ancien système de la libre entreprise, qui remet les consommateurs au centre de l’univers économique. Le consommateur est le début et la fin de chaque activité et de chaque fonction exercée par une entreprise. Et grâce aux appareils mobiles, les consommateurs individuels ont désormais le pouvoir de créer ou de casser une marque en partageant leurs expériences sur différents produits et services avec d’autres consommateurs.

Uber a développé une application qui élargit les choix des consommateurs lorsqu’il s’agit de voyager d’un point A à un point B, brisant essentiellement le duopole local des services de taxi et de limousine. Quelle est la prochaine étape – L’industrie hôtelière? L’industrie immobilière ? C’est aux entrepreneurs du capitalisme des smartphones de décider. Source

Pendant plusieurs années, Apple et Samsung ont réalisé plus de 100% des bénéfices de l’ensemble du secteur, tous les autres faisant des pertes alors que les prix du matériel chutaient. Quand certaines entreprises voient quelqu’un d’autre faire des “super profits” au-dessus du niveau général de profit dans l’économie, ils s’entassent tous pour faire pareil, ce qui permet tout de même d’avoir un bon smartphone pour 150$ dans certains pays. Le coût des smartphones peut avoir diminué, mais pour beaucoup des plus pauvres du monde, ils sont toujours hors de portée

APPLE (iOS) VS GOOGLE (Android)

Les deux entreprises ont adopté des approches complètement différentes vis-à-vis de leurs actionnaires et de l’avenir, l’une désireuse d’accéder aux demandes des investisseurs et l’autre de garder le pouvoir entre les mains des fondateurs et des dirigeants. Ces approches rivales représentent quelque chose de bien plus important que deux des plus importantes entreprises au monde. ils incarnent deux modèles alternatifs de capitalisme.

Ce qui se déroule au printemps 2012 est l’histoire déterminante du capitalisme du début du 21e siècle. Toni Sacconaghi, un analyste respecté de la recherche sur les actions, a publié un rapport qui envisageait une décision radicale pour Apple. Avec d’autres analystes, il avait poussé à plusieurs reprises le PDG d’Apple, Tim Cook, à envisager de rendre une partie des stocks de trésorerie d’Apple, qui avoisinaient les 100 milliards de dollars fin 2011, aux actionnaires. Le résultat, entre 2013 et 2014, Apple a augmenté ses engagements de distribution de liquidités. De 2013 à mars 2017, la société a débloqué 200 milliards de dollars via des dividendes. Source

Qu’a fait Google pendant cette même période ? Google, comme Apple, gagne beaucoup d’argent. De 2013 à mars 2017, il a généré 114 milliards de dollars de flux de trésorerie d’exploitation. Combien la société a-t-elle distribué aux actionnaires? Contrairement au taux de distribution d’Apple de 72%, Google n’a distribué que 6% de cet argent aux actionnaires. Les voies empruntées par Apple et Google manifestent des réponses alternatives à l’une des principales questions auxquelles est confronté le capitalisme aujourd’hui : que devraient faire les entreprises publiques avec tout l’argent qu’elles gagnent ?

APPLICATIONS (Gaming)

Le gaming est un bonne angle pour parler du capitalisme dans l’industrie mobile ! Au cours de la dernière décennie, les processus, les plateformes et les modèles de production de l’industrie du jeu ont changé considérablement. L’accès à des outils gratuits et peu coûteux a considérablement réduit le temps, les ressources et le travail requis pour le développement de jeux. Le numérique est peu coûteux, la distribution sur des plateformes telles que Apple Store, Google Play permet désormais aux petites équipes de contourner les géants traditionnels, des fabricants de consoles aux éditeurs en passant par les distributeurs.

Le graphique ci-dessous montre les sommes astronomiques générées en 10 ans :

Cette évolution est certes le fait que nous sommes sur un marché mature avec des centaines de millions de joueurs mais  souvent ce n’est que  2 à 5% qui se convertissent en joueurs payants. Mais depuis quelques années la conception est axée sur les données qui permet aux développeurs de tirer parti des réseaux de joueurs, suivre le comportement des joueurs et quasi en temps réel pour créer des profils psychologiques, des habitudes de jeu et d’achat, des listes d’amis et des activités non liées au jeu, générant les informations que les développeurs utilisent pour prévoir les dépenses futures, adapter les messages marketing et influencer le comportement futur.

Nous sommes officiellement entrés dans l’ère du capitalisme des mégadonnées.

DATA

Lorsqu’un consommateur ayant accès à Internet peut appliquer des outils intelligents pour faire correspondre ses besoins et ses désirs avec les bons produits, le prix devient moins pertinent et n’est plus le principal facteur de décision. Les données sont le nouveau MVP des marchés. En fait, c’est bien plus que «le nouveau pétrole». Plutôt qu’une ressource en attente d’être raffinée et utilisée, les données sont le facteur X qui transformera l’économie et ses institutions. Source

L’expérience humaine comme matière première gratuite pour être traduite en données comportementales. Bien que certaines de ces données soient appliquées à l’amélioration des services, les autres sont déclarées comme un excédent comportemental propriétaire, alimentées dans des processus de fabrication avancés connus sous le nom de “machine learning” et transformées en produits de prédiction qui anticipent ce que vous ferez maintenant, bientôt et plus tard.

Les capitalistes de la surveillance se sont considérablement enrichis grâce à ces opérations commerciales, car de nombreuses entreprises sont prêtes à parier sur notre comportement futur. Source

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