l’Arabie saoudite émerge comme un leader mondial de l’IA

Image d'illustration. Architecture moderne intégrée au paysage arideADN
L’Arabie saoudite dispose du potentiel nécessaire pour devenir un acteur majeur dans le domaine de l’intelligence artificielle, soulignant les ambitions croissantes du royaume en matière de technologies de pointe et d’innovation numérique.
Tl;dr
- L’Arabie saoudite attire les investissements en IA grâce à son énergie.
- Groq construit un immense centre de données dans le pays.
- Les géants technologiques accélèrent aussi dans la région.
L’énergie saoudienne, atout clé pour l’essor de l’IA
Au fil des années, la région du Moyen-Orient s’est imposée comme un terrain de jeu inattendu pour les acteurs mondiaux de l’intelligence artificielle. Lors d’un entretien accordé à CNBC, en marge de la conférence Future Investment Initiative organisée à Riyad, le PDG de Groq, Jonathan Ross, n’a pas caché son enthousiasme : selon lui, l’Arabie saoudite dispose de tous les ingrédients pour devenir un centre névralgique du calcul intensif.
L’excédent énergétique, nouveau moteur des data centers
L’une des principales idées avancées par Ross repose sur une réalité économique peu évoquée : transporter l’électricité, ressource essentielle aux centres de données, coûte cher. « L’un des grands défis, c’est que l’énergie s’exporte mal. Il faut la déplacer physiquement et cela engendre des coûts importants » », explique-t-il. En clair, si l’énergie ne va pas aux données, autant amener les données là où l’énergie abonde. Et avec ses vastes réserves inexploitées, le royaume pourrait transformer ce surplus en avantage compétitif.
Diversification et investissements massifs au cœur du désert
Cette stratégie ne relève plus du simple pari : déjà, début 2024, Groq, soutenue par Aramco Digital, inaugurait la plus grande plateforme d’inférence IA de tout le Moyen-Orient. Ce projet titanesque a mobilisé près de 1,5 milliard de dollars d’investissements conjoints entre la filiale numérique d’Aramco et la startup californienne. Ross insiste : « L’objectif n’est pas d’installer des data centers là où le foncier est onéreux ou déjà saturé en énergie, mais bien là où ces ressources sont sous-exploitées. »
Voici les arguments avancés par Jonathan Ross pour justifier ce choix :
- Espace disponible : Les zones peu peuplées offrent d’immenses superficies à moindre coût.
- Sous-utilisation énergétique : L’électricité y demeure largement inexploitée.
- Pouvoir exporter le résultat : Les calculs peuvent être réalisés sur place et transmis à l’étranger.
Course mondiale : rivaux à l’affût au Moyen-Orient
Mais le royaume n’attire pas seulement les regards de Groq. Face au potentiel offert par cette région en pleine mutation digitale, les mastodontes du secteur, citons notamment xAI, Google, Meta Platforms, ou encore Microsoft multiplient eux aussi les annonces spectaculaires. Tous investissent massivement dans des clusters de calcul et préparent leurs futurs modèles d’IA générative. À Riyad comme ailleurs dans le Golfe, le prochain chapitre technologique semble bel et bien se jouer loin des traditionnels berceaux occidentaux.