Goldman Sachs : L’IA n’a quasiment pas pesé sur la croissance américaine en 2023

Image d'illustration. Graphique de tendance de croissance économique américaineCe graphique illustre la tendance de croissance de l'économie américaine au cours de la dernière décennie avec des lignes colorées et dynamiques.
Selon une analyse de Goldman Sachs, l’intelligence artificielle n’a eu qu’un impact négligeable sur la croissance économique américaine en 2023, malgré l’engouement autour de cette technologie et les investissements importants réalisés dans le secteur.
Tl;dr
- Investissements massifs en IA, mais peu d’impact immédiat sur le PIB.
- Le bénéfice profite surtout à la Corée et Taïwan, pas aux États-Unis.
- L’IA pourrait accroître la productivité à long terme, malgré des inquiétudes.
Des investissements colossaux mais une croissance économique qui tarde
L’année 2025 aura été marquée par l’engouement des géants de la technologie pour l’intelligence artificielle (IA). Parmi les principaux acteurs, citons Amazon, Microsoft, Google, Meta ou encore Nvidia. En coulisses, ces mastodontes ont injecté des sommes faramineuses dans ce secteur, persuadant la majorité des investisseurs que l’IA constitue un moteur certain de la croissance américaine. Pourtant, un contraste saisissant émerge entre cet optimisme et la réalité mesurée sur le terrain économique.
Un impact contesté sur le PIB américain
Lors d’un entretien avec l’Atlantic Council, le chef économiste de Goldman Sachs, Jan Hatzius, n’a pas mâché ses mots : selon lui, les retombées économiques de ces investissements massifs restent quasi nulles. Il affirme que « tout cet argent investi dans l’IA n’a pratiquement rien apporté à la croissance du PIB américain en 2025 ». Hatzius précise même que « l’impact est bien moindre qu’on ne le prétend généralement », nuançant ainsi les discours dominants.
À cela s’ajoute une explication rarement évoquée : une grande partie des équipements essentiels au développement de l’IA sont importés. De fait, « L’investissement en IA bénéficie surtout au PIB taïwanais ou coréen, bien plus qu’à celui des États-Unis », rappelle Hatzius.
L’espoir d’une transformation profonde… mais différée
Malgré ce constat prudent, tout n’est pas sombre. Une analyse menée dès 2023 par les équipes de recherche de Goldman Sachs prévoit une influence grandissante de l’IA sur la productivité et le PIB américains… à partir de 2027. Selon cette projection, une adoption généralisée pourrait faire grimper la croissance de productivité annuelle d’1,5 point sur dix ans.
Voici ce qui ressort des scénarios anticipés :
- L’IA pourrait à terme améliorer la productivité du travail de près de 15 % dans les économies développées.
- Cependant, son déploiement risquerait de déplacer temporairement entre 6 et 7 % des salariés américains.
Cependant – nuance importante –, si les craintes liées aux licenciements massifs persistent, le rapport tempère l’alarmisme : l’impact serait transitoire et compensé par la création progressive de nouveaux emplois liés aux technologies émergentes.
L’équilibre humain-technologique au cœur du débat
Finalement, ces conclusions appellent à relativiser : si l’euphorie boursière autour de l’intelligence artificielle ne s’est pas traduite par une croissance tangible pour l’économie américaine en 2025, le potentiel transformateur reste intact… à condition d’accompagner cette mutation par des investissements dans les compétences humaines et l’adaptation organisationnelle. Pour beaucoup d’entreprises aujourd’hui, c’est probablement dans ce subtil dosage entre innovation technologique et valorisation du capital humain que résidera la clé d’une réelle prospérité.