Le partenariat entre Motorola et GrapheneOS, attendu pour 2027, pourrait ouvrir une vraie troisième voie mobile, sur fond de défiance croissante envers Apple.
En bref
- Motorola et GrapheneOS visent 2027
- Une alternative au duo Apple-Google
- Le vrai sujet, la confiance
Vingt ans ou presque à tourner entre les mêmes deux pôles, iOS d’un côté, Android de l’autre. Et voilà qu’un partenariat encore lointain, entre Motorola et GrapheneOS, remet une idée simple sur la table, celle d’un smartphone haut de gamme qui ne vous renvoie ni chez Apple ni chez Google. Dans l’écosystème mobile, ce n’est pas un détail.
Une fenêtre rare dans un marché verrouillé
Le point décisif, c’est le calendrier annoncé. Des appareils officiellement compatibles GrapheneOS sont attendus en 2027 via Motorola, aujourd’hui propriété de Lenovo. Jusqu’ici, le système open source centré sur la confidentialité et la sécurité restait cantonné aux Pixel de Google.
Résultat, ceux qui voulaient sortir de l’écosystème Google devaient quand même acheter un téléphone Google. Contradiction assez lourde. Si Motorola livre un matériel vraiment compétitif, avec les exigences techniques de GrapheneOS, la filière pourrait enfin tenir une alternative sérieuse.
La rupture vient d’abord d’un sujet, la confiance
L’analyse part aussi d’une défiance très nette envers Apple. Un ancien responsable des tests chez O2 au Royaume-Uni, fondateur d’une société de tests télécoms en 2002, estime ne plus faire confiance à Apple sur la vie privée ni sur la sécurité personnelle.
Ce qu’il vise, ce sont les technologies désormais capables d’écouter des conversations, de traiter la parole, puis d’en générer des transcriptions ou des résumés. Apple défend une exécution dans un matériel dédié et la suppression de l’audio d’origine. Mais, pour lui, le seuil a déjà été franchi dès lors qu’un appareil accède à une conversation qui n’existait auparavant qu’entre les personnes présentes.
Pourquoi l’origine du hardware et du logiciel redevient centrale
Son inquiétude déborde le simple produit. Il pointe les liens de plus en plus étroits entre grands groupes tech et gouvernements, et dit regarder d’abord qui contrôle le système d’exploitation, qui peut le modifier, quelles permissions reçoivent les applications et si les promesses de sécurité peuvent être vérifiées indépendamment.
Il cite aussi la dépendance d’Apple à Israël pour une partie de ses technologies clés, des puces au stockage, en passant par les caméras, la reconnaissance faciale et les capteurs biométriques. Sa dernière acquisition, Q(.)ai, développe des technologies capables d’interpréter la parole via les mouvements du visage et de détecter des informations biométriques. Et il rappelle que NSO Group, lui aussi basé en Israël, a déjà montré avec Pegasus qu’un iPhone pouvait être compromis à l’insu de l’utilisateur.
Un vétéran du mobile y voit un basculement possible
Son parcours donne du poids au propos. Il dit avoir vécu la guerre des constructeurs, de Nokia à BlackBerry, en passant par Samsung, Sony Ericsson et Motorola. Il avait même signé, pour O2, l’accord de confidentialité lié au premier lancement de l’iPhone hors des États-Unis.
Du coup, quand il compare ce possible virage à l’effet de choc de l’arrivée du premier iPhone, on écoute. Pas parce que le scénario est acquis, clairement non. Mais parce que si Motorola réussit, le marché pourrait enfin retrouver ce qu’il n’a plus connu depuis plus de vingt ans, une vraie raison de quitter Apple ou Google.