Google va acheter 396 MW d’électricité géothermique à Fervo pour un futur data center dans l’Utah. Un signal fort pour l’IA et le net zéro.
En bref
- Google achète 396 MW géothermiques à Fervo
- Le contrat vise un data center dans l’Utah
- L’option peut grimper à 996 MW
Les modèles d’IA avalent des mégawatts. Et quand un hyperscaler verrouille presque un demi-gigawatt de géothermie, ce n’est pas un détail de portefeuille énergétique.
Google a signé un accord d’achat d’électricité avec Fervo pour 396 MW issus de la centrale Cape Station, dans l’Utah. Le site doit entrer en service en 2028. Mieux, Google garde jusqu’en juin 2030 une option pour ajouter 600 MW. Si elle l’active, on monte à 996 MW. Là, on change d’échelle.
L’IA cherche des mégawatts, la géothermie entre dans le jeu
Ce contrat arrive au bon moment pour Google et, plus largement, pour les hyperscalers américains. Tous cherchent de nouvelles sources d’électricité pour les data centers, avec une contrainte simple, du volume. Pas dans dix ans, maintenant. La géothermie renforcée, longtemps regardée comme une techno prometteuse mais encore étroite, commence clairement à cocher la case industrielle.
Pour Fervo, c’est aussi une validation commerciale lourde. Quand un acteur comme Google s’engage sur près de 400 MW, vous n’êtes plus dans l’expérimentation sympathique. Vous êtes dans l’infrastructure critique.
Pour Google, un moyen de tenir le cap climatique
Depuis des années, Google achète de l’électricité propre, avec un mix passant par les batteries, le solaire et l’éolien, pour tenir son objectif de net zéro en 2030. Mais ce cap s’est compliqué en avril, quand le groupe a conclu avec Crusoe un accord portant sur 933 MW d’électricité au gaz naturel au Texas.
Du coup, le contrat avec Fervo change la lecture. Il peut alimenter les ambitions IA de Google sans trop fragiliser sa trajectoire climat. Pas de quoi effacer le gaz, évidemment, mais ça rééquilibre le tableau.
Cape Station change d’échelle
Le point intéressant, c’est la taille potentielle de Cape Station. Fervo dispose d’une autorisation pour développer jusqu’à 2 gigawatts sur le site. Mais en mai, Sarah Jewett, vice-présidente stratégie de Fervo, expliquait qu’un ingénieur tiers estimait que la chaleur disponible pouvait permettre de produire deux fois plus, soit 4 GW.
Résultat ? Si ce niveau était atteint, cela représenterait environ le double de toute la capacité géothermique de production actuellement installée aux États-Unis, d’après un rapport récent du Department of Energy. Ce même rapport avance qu’avec les technologies de géothermie renforcée, les États-Unis pourraient théoriquement produire jusqu’à 57 térawatts d’électricité. Le chiffre est énorme, quand même.
Un vieux partenariat qui pèse aussi en Bourse
L’accord ne sort pas de nulle part. Google et Fervo travaillent ensemble depuis plus de cinq ans, et Google avait déjà acheté une partie des premiers électrons de la startup. Plus récemment, le groupe a aussi participé au dernier tour de table de Fervo avant son introduction en Bourse.
Et le marché a réagi vite. Après des débuts solides puis plusieurs mois de recul, l’action de Fervo a bondi d’environ 30 % mardi avant quelques prises de profits le lendemain. Pour l’écosystème mobile et cloud, le message est simple, les futurs data centers IA ne se joueront pas seulement sur les GPU, mais aussi sur la capacité à sécuriser une électricité pilotable et bas carbone.