Firefox se retire discrètement de Chine : fin d’une ère, persistance d’un symbole

Image d'illustration. MozillaADN
Face à la domination de Chrome et Safari, Firefox ferme son entité chinoise. Le logiciel reste accessible, mais l’époque d’une présence locale active semble bel et bien révolue.
Tl;dr
- Fermeture de l’entité chinoise de Firefox annoncée.
- Concurrence accrue de Chrome et Safari en Chine.
- Logiciel Firefox restera disponible malgré la fermeture locale.
Un retrait discret sur fond de concurrence féroce
La scène des navigateurs web en Chine connaît un nouvel épisode : l’entité locale du célèbre Firefox s’apprête à tourner la page. Une annonce brève, publiée plus tôt cette semaine sur la version chinoise du navigateur, a confirmé la « fermeture » de son entité principale à Pékin, ainsi que la « suppression » des comptes chinois associés. Si ce message a rapidement disparu du site officiel, il n’a pas échappé aux utilisateurs attentifs ni aux médias locaux.
Les raisons d’une sortie programmée
Derrière cette décision, une réalité s’impose : la domination croissante de Chrome et Safari, qui ont relégué le navigateur libre au second plan. À son apogée en 2009, Firefox atteignait pourtant 30 % de parts de marché mondiales, talonnant alors les géants comme Internet Explorer. Aujourd’hui, face à l’emprise quasi totale de ses concurrents sur le marché chinois, le maintien d’une structure locale semble moins pertinent pour la fondation mère, Mozilla. Difficile dans ce contexte d’exister durablement.
L’accompagnement des utilisateurs dans la transition
Pour autant, la disparition administrative ne signifie pas l’arrêt du service. Un employé de chez Mozilla, soucieux d’éviter toute précipitation chez les usagers chinois, a partagé mardi un guide détaillé sur le forum officiel en langue chinoise. Ce manuel explique comment sauvegarder ses données et restaurer ses fichiers de configuration — preuve que l’accès au logiciel reste garanti malgré la suppression des structures locales.
Voici les conseils principaux qui ont été relayés pour accompagner ce changement :
- Sauvegarder les données personnelles avant la fermeture.
- Exporter les fichiers de configuration essentiels du navigateur.
- S’appuyer sur la documentation officielle pour toute restauration ultérieure.
Avenir incertain mais présence maintenue
Sollicitée vendredi pour réagir à cette fermeture, l’entité pékinoise — baptisée Beijing Mozilla Firefox Information Technology — s’est montrée injoignable : adresse électronique invalide et téléphone resté muet. Un silence qui en dit long sur l’état actuel de l’activité locale. Pourtant, le logiciel continuera d’exister en Chine ; seule sa gestion administrative se retire discrètement du paysage numérique national. Difficile désormais de ne pas voir là un symbole d’une époque révolue et d’une bataille technologique qui ne cesse d’évoluer.