DeepSeek lève 13,8 milliards d’euros malgré la pression américaine

Logo DeepSeek serrant des billets en euros
Image d'illustration. DeepSeek attire 13,8 milliards d’euros. — ADN

Deux jours après les restrictions américaines, DeepSeek aurait bouclé une levée géante. Un signal fort pour l’IA chinoise et ses rivaux.

En bref

  • DeepSeek aurait levé 13,8 milliards d’euros
  • Washington venait de bannir sa technologie
  • La bataille IA chinoise s’intensifie nettement

Les signaux sont assez nets. Alors que Washington vient d’ordonner aux agences fédérales civiles de retirer la technologie de DeepSeek pour des raisons de sécurité, le laboratoire chinois aurait sécurisé environ 13,8 milliards d’euros (15 milliards de dollars), soit près de 100 milliards de yuans. D’après Bloomberg, on parle déjà d’un des plus gros tours de table du pays.

Washington serre, les investisseurs accélèrent

Le timing frappe. Deux jours seulement après cette décision américaine, DeepSeek aurait attiré des soutiens potentiels comme CATL, le géant chinois des batteries, et Tencent, la maison mère de WeChat. Pour l’écosystème, le message est limpide, les restrictions géopolitiques ne coupent pas automatiquement l’accès au capital, surtout sur un dossier jugé stratégique en Chine.

Et ce n’est pas un détail. Pour une société déjà sous surveillance aux États-Unis, réussir un tour de cette taille change l’échelle du débat. On ne parle plus seulement d’un acteur prometteur, mais d’un groupe qui peut financer longtemps son expansion.

Une trajectoire de valorisation déjà très tendue

Cette levée ne tombe pas de nulle part. En juin, DeepSeek avait déjà levé plus de 6,4 milliards d’euros (7 milliards de dollars) sur une valorisation de 46 milliards d’euros (50 milliards de dollars). En juillet, l’entreprise cherchait encore environ 1,4 milliard d’euros (1,5 milliard de dollars), cette fois autour d’une valorisation de 65 milliards d’euros (71 milliards de dollars).

Au passage, un projet d’IPO en Chine dès l’an prochain circule aussi. Pour les investisseurs, ça compte, parce qu’on n’est plus dans le simple pari technologique. Il y a déjà une histoire de liquidité possible derrière.

L’IA chinoise reste en mode course de vitesse

À quoi servirait cet argent ? DeepSeek accélère sur l’infrastructure IA et sur ses modèles ouverts, pour le marché intérieur comme à l’international. Bon, c’est là que la levée devient vraiment intéressante, parce qu’elle peut durcir encore la concurrence locale.

Le contexte le confirme. En mai, le développeur de Kimi, Moonshot AI, a obtenu 1,8 milliard d’euros (2 milliards de dollars) sur une valorisation de 18 milliards d’euros (20 milliards de dollars). Plus tôt ce mois-ci, Manus AI a levé plus de 460 millions d’euros (500 millions de dollars). Et depuis janvier à Hong Kong, Zhipu AI (Z.ai) et MiniMax affichent des capitalisations proches de 27 milliards d’euros (29 milliards de dollars) et 7 milliards d’euros (7,2 milliards de dollars).

Liang Wenfeng garde la main

Fondée en 2023 à Hangzhou par Liang Wenfeng, aussi cofondateur du hedge fund quantitatif High-Flyer, DeepSeek avait pris une dimension mondiale début 2025 avec son modèle de raisonnement RI, gratuit et open-weight. C’est ce lancement qui a vraiment bousculé la domination des groupes américains.

Selon des données de gouvernance analysées par WireScreen, Liang Wenfeng détiendrait encore environ 81,6 % de l’entité opérationnelle chinoise après le précédent tour. Un point loin d’être anodin, parce qu’il montre que le fondateur garde la main au moment où la société change de taille. DeepSeek, elle, n’a pas commenté dans l’immédiat.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005

X LinkedIn Site web Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Chine DeepSeek Investissements

Lisez Servicesmobiles.fr en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources