Bruxelles somme Meta de justifier le blocage de chatbots concurrents sur WhatsApp

Image d'illustration. Gros plan du drapeau de l'union européenneADN
La Commission européenne alerte Meta concernant des restrictions imposées à des concurrents sur WhatsApp. L’exécutif européen s’inquiète d’éventuels obstacles à la concurrence, liés à l’accès ou à l’intégration de services d’intelligence artificielle tiers sur la plateforme.
Tl;dr
- L’UE enquête sur l’accès des IA à WhatsApp.
- Meta accusée de limiter la concurrence sur WhatsApp.
- Des mesures provisoires pourraient être imposées rapidement.
Un nouveau front pour la concurrence numérique européenne
L’actualité du jour a mis en lumière une tension croissante entre la Commission européenne et le géant technologique Meta. Depuis plusieurs mois, les actions du propriétaire de WhatsApp suscitent l’inquiétude des régulateurs européens, qui redoutent un verrouillage du marché prometteur des assistants basés sur l’intelligence artificielle. La question centrale : la volonté de Meta de rendre son assistant maison Meta AI incontournable sur sa messagerie.
L’affaire débute par un changement discret mais stratégique
Tout remonte à octobre dernier, lorsque Meta annonce une modification de ses conditions d’utilisation pour la solution professionnelle de WhatsApp. Selon l’analyse des autorités européennes, cette évolution, entrée en vigueur le 15 janvier, aboutirait « effectivement » à ne permettre qu’à l’assistant intelligent de Meta, et à lui seul, d’opérer sur la plateforme. C’est dans ce contexte que la Commission a ouvert une enquête dès le 4 décembre.
L’UE hausse le ton et menace de mesures rapides
Lundi, la Commission européenne a rendu publique sa « vue préliminaire », estimant que ces pratiques sont susceptibles d’enfreindre le droit européen de la concurrence. Pour reprendre les mots de Teresa Ribera, vice-présidente exécutive chargée de la Transition propre et compétitive : « L’action rapide est essentielle car les marchés de l’IA évoluent à grande vitesse. » Elle souligne également : « Afin d’éviter que la nouvelle politique de Meta ne porte un préjudice irréversible à la concurrence, nous envisageons d’imposer rapidement des mesures provisoires pour préserver l’accès des concurrents à WhatsApp durant l’instruction. »
À ce stade, il ne s’agit pas encore d’un verdict définitif ; mais cette annonce fait office d’avertissement sérieux adressé à Meta, tout en lui laissant une chance formelle de présenter ses arguments. L’entreprise n’a pas tardé à réagir.
Méta se défend face aux accusations européennes
Du côté du groupe californien, le discours demeure inchangé. Un porte-parole a déclaré à Reuters : « Aucune raison ne justifie une intervention européenne concernant l’API Business de WhatsApp. » Et d’ajouter que « d’autres assistants IA existent et restent accessibles via les boutiques d’applications ou des partenariats industriels. »
En somme, alors que le marché européen tente d’éviter toute hégémonie technologique sur ses outils numériques stratégiques, l’affaire illustre une nouvelle fois les rapports complexes parfois tendus entre Bruxelles et les titans mondiaux du numérique.