Le chatbot de Proton gagne la génération d’images, un mode de raisonnement et des réponses mieux sourcées. Un virage qui compte pour l’IA privée.
En bref
- Proton ajoute enfin les images à Lumo
- Le chiffrement zero-access reste maintenu
- Un abonnement débloque l’usage avancé
Il y a des mises à jour qui ajoutent une fonction. Et il y a celles qui changent la place d’un produit dans la course. Avec Lumo 2.0, Proton passe clairement dans la seconde catégorie.
Le moment où Lumo cesse d’être un outsider
Presque un an après son lancement, le chatbot de Proton récupère ce qui lui manquait pour jouer dans la même cour que ChatGPT et Gemini. Lumo 2.0 sait désormais reconnaître des images, en générer, les analyser et même les éditer. Dit autrement, il ne se limite plus au texte, ce qui était devenu un handicap assez net sur le marché.
Le contraste est simple. Jusqu’ici, Lumo défendait surtout une promesse de confidentialité. Désormais, il commence aussi à cocher les cases attendues d’une IA grand public avancée.
La confidentialité reste l’argument central
Sur ce point, Proton ne bouge pas de ligne. Les échanges qui impliquent des images restent protégés par un chiffrement zero-access, comme les autres conversations de Lumo. En pratique, cela signifie que les contenus ne sont accessibles que sur l’appareil de l’utilisateur.
L’entreprise précise qu’ils ne peuvent être consultés ni par des tiers, ni par Proton elle-même. C’est le cœur du positionnement produit, et c’est aussi ce qui donne un peu de relief à cette mise à jour. Ajouter des fonctions sans relâcher la promesse initiale, c’est plus cohérent que spectaculaire, mais c’est précisément ce qu’on attendait.
Un modèle plus ambitieux, et mieux armé pour répondre
L’autre nouveauté, moins visible mais sans doute plus structurante, c’est le thinking mode. Proton le présente comme un mode de raisonnement. Il s’ajoute à un contexte plus profond, censé aller chercher des informations de fond plus pertinentes, pour produire des réponses plus précises.
Les chiffres avancés sont nets. Sur le benchmark Artificial Analysis Intelligence Index, Lumo 2.0 Lite aurait obtenu un score supérieur de 127 % à celui de Lumo 1.4, tandis que Lumo 2.0 Max grimpe à 240 % de mieux. Ce benchmark mesure les capacités d’un modèle sur plusieurs tâches. Le nouveau Lumo peut aussi faire remonter des informations récentes et afficher des citations de sources dans ses réponses.
Une formule gratuite, mais avec un vrai palier payant
Lumo 2.0 est disponible dès maintenant. Les fonctions IA de base restent gratuites, mais l’offre Lumo Plus passe par un abonnement d’environ 9 euros par mois (10$). Il donne accès aux conversations illimitées, à une génération d’images plus avancée et aux modèles les plus poussés de Proton.
Le fondateur et CEO Andy Yen affirme que Lumo 2.0 a été reconstruit de fond en comble et que ce mode de raisonnement lui apporte de nouvelles capacités solides. Il ajoute que les tests utilisateurs montreraient un écart désormais réduit, au point que, pour beaucoup d’usages, la différence qualitative entre Lumo 2.0 Max et les derniers modèles d’OpenAI ou d’Anthropic ne serait plus perceptible. L’idée, en fond, tient en une phrase: plus besoin de choisir entre IA puissante et protection réelle de la vie privée.