Apple envisagerait de se fournir chez CXMT pour desserrer l’étau sur la RAM. Problème, le trou d’offre s’élargit et la politique complique tout.
En bref
- Apple cherche une nouvelle source de RAM
- CXMT créerait un risque politique immédiat
- La future puce A20 serait déjà touchée
Les hausses de prix ne racontaient qu’une partie de l’histoire. Chez Apple, la tension sur la RAM ne relève plus seulement du coût d’achat, elle commence à peser sur les volumes, les délais et même sur la prochaine génération de puces maison.
La RAM manque, et ce n’est plus un simple sujet de coût
Selon l’analyste Ming-Chi Kuo, la pression sur Apple s’est déplacée. On est passé d’une flambée des prix de la mémoire à un déficit d’approvisionnement qui s’élargit. Il estime que la capacité mémoire allouée à l’électronique grand public pourrait baisser de 15 à 20% d’ici 2027, au profit des data centers, et que ce mouvement peut encore s’accentuer.
Résultat, même si Apple trouvait un nouveau fournisseur, cela ne suffirait pas vraiment à faire baisser les coûts ni à combler le manque. Kuo le dit franchement dans une formule assez nette, « Cela ne réduirait pas de manière significative les coûts ni ne comblerait le trou d’offre ». Mais il ajoute aussi que Apple doit malgré tout sécuriser une source supplémentaire.
Pourquoi CXMT attire Apple malgré le risque politique
C’est là qu’entre en jeu CXMT. Apple chercherait à obtenir une exemption pour s’approvisionner auprès du groupe chinois, histoire de sortir d’un marché dominé par Micron, Samsung et SK Hynix. Le raisonnement industriel se tient, clairement. Quand trois acteurs concentrent l’essentiel de l’offre, la marge de manœuvre se réduit très vite.
Le problème, c’est la politique. CXMT n’est pas formellement interdit pour Apple, mais l’entreprise est liée à l’armée chinoise et figure sur une liste noire américaine. Le député John Moolenaar a averti qu’un partenariat avec une entreprise militaire chinoise serait, selon lui, « une erreur grave ». Apple, sollicité sur la pénurie et sur CXMT, n’avait pas répondu.
L’iPhone chinois peut servir de variable d’ajustement
Un élément compte dans l’équation. Des échanges relayés autour du dossier avancent que les iPhone vendus en Chine représentent environ 16% du chiffre d’affaires d’Apple. Ce n’est pas marginal. Du coup, une piste serait d’utiliser la mémoire CXMT sur les modèles destinés au marché chinois, afin de desserrer un peu la chaîne d’approvisionnement sur des zones comme les États-Unis.
La crise mémoire menace déjà la génération A20
Et l’impact remonte jusqu’au silicium. Une image apparue sur Weibo, diffusée par le leaker Ice Universe, montrerait l’emballage de l’A20 Pro attendu dans les iPhone 18 Pro et iPhone 18 Ultra. La puce adopterait le procédé 2 nm de TSMC avec la technologie WMCM, différente du schéma PoP habituel d’Apple, puisque la DRAM serait placée sur le côté plutôt qu’au-dessus du processeur. L’intérêt est assez concret, moins de chaleur sous forte charge.
La fuite suggère aussi un NPU plus grand, avec une puce 15% plus rapide et 30% plus efficace que l’A19. Mais Kuo affirme en parallèle qu’Apple produirait 10 à 20% d’A20 en moins, faute de LPDDR. En gros, la crise mémoire ne touche plus un composant, elle touche toute la feuille de route.