Avant de céder sa place à John Ternus, Tim Cook signe un trimestre très solide chez Apple. Mais l’IA, les droits de douane et la mémoire pèsent déjà sur la suite.
En bref
- Apple grimpe à 101 milliards d’euros de revenus
- Tim Cook passe la main à John Ternus
- Siri AI arrive, les puces mémoire coincent toujours
Chez Apple, le passage de témoin est lancé sans secousse visible. Pour son dernier point trimestriel comme CEO, Tim Cook laisse une entreprise qui continue d’imprimer du volume, de la marge et du signal stratégique. Et ça, pour l’écosystème mobile, ce n’est pas anodin.
Une sortie propre, avec des chiffres qui parlent
Sur le trimestre fiscal clos le 27 juin, Apple affiche un chiffre d’affaires d’environ 101 milliards d’euros (109,4 milliards de dollars), en hausse de 16,4% sur un an. Le bénéfice net monte à environ 27 milliards d’euros (29,8 milliards de dollars), soit +27,1%. Vu de loin, c’est un trimestre solide. Vu de près, c’est même une fin de cycle très propre pour Cook.
L’iPhone reste le gros moteur avec environ 50 milliards d’euros (54,3 milliards de dollars), un record pour cette période. Les services pèsent environ 28 milliards d’euros (30,7 milliards de dollars), tandis que le Mac grimpe à près de 9 milliards d’euros (10,3 milliards de dollars). Et la Grande Chine repart franchement, à environ 17 milliards d’euros (18,8 milliards de dollars), en hausse de 22,4%.
Tim Cook, arrivé à la tête du groupe en 2011 après Steve Jobs, rappelle au passage que le chiffre d’affaires annuel d’Apple était alors de près de 99 milliards d’euros (108 milliards de dollars). Il a aussi salué une transition fluide et dit être très enthousiaste à l’idée de voir John Ternus mener la prochaine phase.
Tarifs douaniers, usine en Arizona, message politique assumé
Il y a aussi un effet plus discret, mais très concret. Apple a bénéficié d’un gain de 0,11 dollar par action, soit environ 0,10 euro, grâce à des remboursements de droits de douane après la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’annuler une partie des taxes de l’administration Trump. Résultat, à peu près deux points de marge brute en plus.
Cook explique que cet argent sera réinvesti aux Etats-Unis, dans la continuité de l’engagement annoncé l’an dernier, soit environ 552 milliards d’euros (600 milliards de dollars) sur quatre ans. Il met en avant la chaîne d’approvisionnement américaine et cite l’usine de TSMC en Arizona, dont Apple dit tirer déjà plus de 100 millions de composants. Clairement, le message dépasse le simple trimestre.
Siri AI arrive, mais la vraie friction reste la mémoire
Côté produit, Cook souligne les bons retours des développeurs sur Siri AI, présenté à la WWDC en juin. L’assistant doit arriver en septembre avec iOS 27 et la gamme iPhone 18. Apple travaille avec la Commission européenne pour un déploiement dans l’Union européenne et a obtenu un feu vert pour certaines fonctions initiales d’Apple Intelligence en Chine.
Mais la vraie contrainte, là, reste industrielle. Apple parle d’une pénurie de puces mémoire comparable à une crue centennale. Après trois trimestres de hausse des prix, le groupe s’attend encore à payer plus cher, même si les stocks et la baisse du coût d’autres composants amortissent un peu le choc. Pour le trimestre en cours, Apple vise malgré tout une croissance du chiffre d’affaires de 9% à 11%. Pas mal, quand même.