Apple affiche environ 1288 milliards d’euros d’activité via l’App Store. Mais aux États-Unis, en Europe et en Asie, le cadre se fissure.
En bref
- Apple revendique environ 1288 milliards d’euros d’activité.
- Le cadre change aux États-Unis, en Europe, en Asie.
- Les développeurs gagnent du terrain sur les règles.
Quand une plateforme pèse environ 1288 milliards d’euros (1 400 milliards de dollars) de facturations et de ventes sur une année, on pourrait croire le modèle bétonné. C’est l’inverse qui se joue pour l’App Store, avec des règles de distribution et de paiement qui bougent maintenant sur trois continents.
Un poids économique colossal, mais plus vraiment intouchable
En juin, Apple a expliqué que l’écosystème App Store avait facilité ce volume d’activité en 2025, soit presque trois fois le niveau de 2019. Le groupe ajoute que plus de 90 % de cette activité n’a généré aucune commission pour lui, car on parle aussi de commerce physique, de voyages ou de livraison. Et la base reste énorme, avec plus de 850 millions d’utilisateurs hebdomadaires dans 175 pays et régions.
Ce chiffre impressionne, clairement. Mais il raconte aussi autre chose, une infrastructure centrale pour l’économie mobile, donc une cible naturelle pour les régulateurs, les tribunaux et les éditeurs qui veulent reprendre la main sur leur relation client.
Aux États-Unis et en Europe, le modèle Apple recule par morceaux
Aux États-Unis, le dossier Epic Games n’est toujours pas refermé. Le 30 juin, la Cour suprême a accepté d’examiner le recours de Apple après sa condamnation pour non-respect d’une injonction liée à une plus grande liberté donnée aux développeurs pour orienter les utilisateurs vers des paiements externes.
En Europe, le mouvement est encore plus structurant. En juillet, Apple a perdu son recours contre sa désignation comme « gatekeeper » dans le cadre du Digital Markets Act. Puis, en août, la société a détaillé une nouvelle grille tarifaire européenne qui entrera en vigueur le 1er octobre. La Core Technology Fee disparaît, et une commission de 5 % s’appliquera notamment aux transactions numériques pour les apps distribuées hors App Store.
Le Japon et la Chine confirment que l’ouverture n’est plus régionale
En Japon, Apple autorise désormais les développeurs à proposer des marketplaces alternatives et d’autres moyens de paiement que l’In-App Purchase. Ce n’est pas un détail local. Pour l’écosystème mobile, ça valide l’idée que l’ouverture d’iOS n’est plus seulement un sujet occidental.
Et en Chine, marché stratégique s’il en est, les conditions ont aussi été retouchées. Depuis mars 2026, la commission standard y est fixée à 25 %, avec un taux de 12 % dans certains programmes et pour certaines catégories de développeurs.
Pourquoi l’histoire de Matt Fischer revient maintenant
Pendant près de quinze ans, Matt Fischer, patron mondial de l’App Store entre 2010 et 2024, envoyait chaque dimanche soir à Tim Cook un rapport complet, avec données, graphiques, commentaires et performances par marché. La plupart du temps, rien. Parfois, une question très précise. La leçon qu’il en a tirée tient bien aujourd’hui, connaître les chiffres ne suffit pas, il faut comprendre ce qui les fait bouger et ce qu’on va faire ensuite.
Bon, on y est. Les chiffres de l’App Store restent gigantesques, mais les moteurs ont changé. Désormais, les développeurs, les juges et les régulateurs réécrivent une partie des règles, ligne après ligne.