Régulations cloud au Royaume-Uni : un tournant pour Microsoft et Amazon

Image d'illustration. CloudADN
Le Royaume-Uni cherche à renforcer son pouvoir régulateur sur les services de cloud computing de Microsoft et d'Amazon Web Services, dans le but de mieux contrôler ces géants technologiques omniprésents.
Tl;dr
- L’Autorité de la concurrence britannique (CMA) critique le marché des services cloud.
- La CMA suggère une régulation accrue d’Amazon Web Services et Microsoft.
- Des enquêtes similaires sont en cours sur Google et Apple.
Régulation des géants du cloud : le Royaume-Uni se positionne
L’Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) du Royaume-Uni a publié ses conclusions préliminaires sur le marché des services cloud. Après 16 mois d’enquête, le constat est sans appel : le marché du cloud « ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait ».
Amazon et Microsoft dans le viseur
Les deux principaux fournisseurs de services cloud, Amazon Web Services (AWS) et Microsoft, détiennent entre 30 et 40 % du marché, suivis par Google avec 5 à 10 %. Selon la CMA, ces « barrières techniques et commerciales » empêchent les clients de changer de fournisseur aisément, notamment à cause des frais de transfert de données.
Des barrières à l’entrée et des coûts cachés
La CMA relève également que les fournisseurs alternatifs de services cloud rencontrent d’importantes difficultés pour pénétrer et se développer sur ce marché. Elle pointe du doigt le recours par Microsoft à sa large présence logicielle pour limiter la compétitivité d’AWS et Google auprès des clients souhaitant utiliser ce logiciel dans le cloud.
De plus, la croissance des dépenses des entreprises et organisations britanniques en services cloud, qui augmente de 30 % chaque année pour atteindre 9 milliards de livres en 2023, serait freinée par des coûts supplémentaires. En effet, si les prix étaient seulement 5 % plus élevés que ceux d’un « marché bien fonctionnant », cela coûterait 430 millions de livres supplémentaires par an.
Vers une nouvelle régulation ?
La CMA propose une solution : attribuer un statut de « Strategic Market Status » (SMS) aux services cloud d’AWS et de Microsoft. Ce label, créé par la nouvelle loi britannique sur les marchés numériques, la concurrence et les consommateurs (DMCC), permettrait à la CMA d’imposer une réglementation plus stricte et des directives favorisant la concurrence. Des enquêtes similaires sont également en cours concernant Google et Apple.
Le débat sur la régulation des géants du numérique est loin d’être clos.