5G : pourquoi une partie du monde reste à la traîne

Image d'illustration. 5GADN
Malgré son envol mondial, la 5G reste absente de vastes régions. Entre infrastructures fragiles et obstacles économiques, certains pays peinent encore à rejoindre cette révolution technologique en marche.
Tl;dr
- 5G représente 71% des ventes mondiales, mais seulement 15% dans les 10 pays les plus en retard.
- L’Afrique et certains pays d’Asie et d’Amérique latine restent à la traîne.
- Faible infrastructure, coût élevé et politique freinent l’adoption du 5G.
Un essor mondial qui peine à convaincre partout
Le déploiement du 5G sur le marché des smartphones connaît une dynamique impressionnante à l’échelle internationale, avec un taux de pénétration qui atteint désormais 71 % des expéditions globales au premier semestre 2025. Pourtant, derrière cette progression spectaculaire se cache une fracture numérique qui résiste aux tendances : dans dix pays situés pour la plupart en Afrique, en Asie et en Amérique latine, la part du 5G plafonne à peine à 15 %. Cette disparité interpelle et souligne la persistance d’obstacles majeurs.
Des freins persistants selon les régions
Si l’on s’attarde sur le continent africain, six pays figurent parmi les dix derniers pour le taux d’adoption du 5G. Dans des États comme la République démocratique du Congo ou l’Éthiopie – où seulement 13 % des nouveaux smartphones sont compatibles – les opérateurs privilégient encore le développement de la 4G. L’accès limité à Internet (seulement un quart de la population éthiopienne), les retards dans l’attribution des fréquences ou encore l’instabilité monétaire compliquent sérieusement le passage à cette nouvelle technologie.
Le tableau n’est guère plus optimiste ailleurs. En Amérique latine, la situation du Venezuela illustre parfaitement ces blocages : frappé par l’hyperinflation et les sanctions américaines, ce pays affiche le taux mondial le plus bas avec seulement 1 % de smartphones livrés en 5G. Les rares avancées concernent principalement les zones urbaines où le service a timidement fait son apparition au printemps dernier.
L’Asie contrastée : puissances et exceptions
Sur fond d’une croissance explosive dans plusieurs marchés asiatiques, deux grands pays dérogent à la règle : au Pakistan, malgré un volume conséquent de téléphones vendus, aucune offre commerciale 5G n’a vu le jour faute d’accord sur le coût du spectre. Du côté du Bangladesh, ce sont surtout les prix élevés des appareils compatibles – bien au-dessus du budget moyen local – qui ralentissent la transition. L’essentiel de la demande reste ainsi orienté vers des modèles basiques offrant autonomie et capacité mémoire.
Pistes d’accélération et perspectives
Face à ces défis, plusieurs leviers pourraient changer la donne. La baisse progressive du prix des terminaux grâce à une fabrication locale ou à des subventions gouvernementales figure parmi les attentes majeures ; de même, une généralisation de la couverture réseau s’impose comme une nécessité évidente. Les experts pointent aussi trois conditions favorisant l’émergence réelle du 5G dans ces marchés :
- Agrandissement rapide de l’infrastructure télécom.
- Mise en place d’incitations réglementaires ou fiscales adaptées.
- Mobilisation active des fabricants autour des appareils compatibles.
Jusqu’à nouvel ordre cependant, tout indique que le réseau 4G continuera de porter l’essentiel de la connectivité mobile dans ces régions au moins jusqu’en 2030.