Ookla dresse le bilan des avancées de la 5G en Europe

Image d'illustration. 5GADN
Selon les données récemment publiées par Ookla, la progression de la 5G en Europe affiche des avancées notables. L’analyse détaille l’évolution du déploiement, mettant en lumière les disparités et les performances observées à travers différents pays européens.
Tl;dr
- Disponibilité 5G inégale selon les pays européens.
- Croissance du trafic mobile et déploiements ralentissent.
- Soutien public et réglementation influencent la couverture.
Des écarts persistants dans la disponibilité de la 5G
En observant l’évolution du secteur, on constate que le développement de la 5G en Europe peine à s’harmoniser d’un pays à l’autre. Les données recueillies par Ookla, spécialiste de la mesure des performances réseau, révèlent ainsi un net contraste : les nations scandinaves comme la Suède et la Norvège figurent parmi les chefs de file en matière de disponibilité, malgré une densité démographique faible et un relief parfois hostile. Un paradoxe que l’on doit, selon Ookla, à une stratégie mêlant subventions publiques pour la gestion du spectre et obligations strictes de couverture.
L’influence décisive des politiques nationales
Cette avance contraste fortement avec la situation d’autres pays d’Europe centrale ou occidentale. Des États comme le Royaume-Uni, la Hongrie ou encore la Belgique, peinent à suivre le rythme. Au Royaume-Uni, par exemple, l’obligation gouvernementale onéreuse de remplacer les équipements fournis par Huawei, combinée à l’absence d’exigences spécifiques sur la couverture 5G – les opérateurs misant plutôt sur le programme Shared Rural Network basé sur la 4G – a freiné les progrès. De plus, la sortie du pays de l’Union européenne a privé les acteurs locaux d’accès à des financements stratégiques.
Bénéfices contrastés des investissements publics et impacts sur le cœur de réseau SA
À l’opposé, le soutien appuyé des gouvernements espagnol et italien a permis aux opérateurs locaux d’accélérer le déploiement et d’atteindre une large couverture. On notera que l’Espagne se distingue par un accès significatif aux réseaux autonomes (Standalone – SA). Cependant, cette dynamique positive n’est pas générale : le taux d’adoption du SA régresse au niveau continental. En effet, si l’on se fie aux chiffres issus de Speedtest Intelligence de Ookla, seuls 1,3 % des tests réalisés en Europe concernent désormais ce mode – loin derrière les États-Unis (plus de 20 %) et surtout la Chine (80 %).
Période charnière pour le marché européen ?
Selon plusieurs analystes, l’Europe serait aujourd’hui à mi-chemin dans le cycle technologique de la 5G. Les investissements massifs dans l’expansion des réseaux ont déjà atteint leur sommet dans la plupart des pays ; en parallèle, la croissance du trafic mobile commence à ralentir – une première. Les opérateurs européens s’avèrent également plus prudents que leurs homologues nord-américains ou asiatiques dans l’adoption des variantes technologiques telles que le SA. Si certaines réglementations entravent encore certains marchés occidentaux ou orientaux, elles pourraient toutefois favoriser à terme une harmonisation continentale. Rappelons enfin que la 5G demeure au cœur des ambitions stratégiques portées par la Commission européenne pour renforcer la compétitivité régionale via diverses législations centrées sur le numérique.