Publié le 3 juillet 2006, modifié le 16 mars 2015.
Par La Rédaction

4 questions pour Thomas Husson Mobile Analyst chez Jupiterresearch

Publié le 3 juillet 2006, modifié le 16 mars 2015.
Par La Rédaction

Etat des lieux : Jupiter Research est un cabinet d’etudes international, fondé a New York en 1986, et spécialisé dans l’économie numerique (Internet, Telecoms, Medias). Nous sommes une centaine de personnes à travers le monde avec plusieurs bureaux en Europe à Londres, Paris, Madrid, Hamburg et dans les pays nordiques. Pour la partie Telecoms, nous sommes specialises sur les services mobiles: communication (SMS, MMS, e-mail, IM), contenu (Internet mobile, TV/Video, musique, jeux,…) et marketing mobile et sur le marché du broadband et de la VoIP. D’un point de vue plus global, nous venons de fusionner avec Kagan Research, le spécialiste des études medias aux US et couvrons donc de nombreux sujets qui agitent en ce moment tous les acteurs du marche comme la sVOD, le pay per view, le user-generated content, l’IPTV,…

Son savoir-faire : Nous conduisons regulierement des études consommateurs dans les pays europeens, ce qui permet d’analyser finement la demande et de repondre par example a des questions du type: quel est le % de possesseurs de mobiles 3G en Italie entre 20 et 24 ans, possedant egalement un I-pod et telechargeant en P2P, qui est pret a payer pour de la musique mobile? Nous conduisons également des executive surveys et de nombreuses interviews des acteurs du marché pour mieux comprendre les tendances et évaluer l’offre. Avec l’appui de notre groupe Data compose de spécialiste statistiques, cela nous permet de definir une vision prospective du marché et notamment des prévisions quantitatives a 5 ans.

Ses atouts : Jupiter est un acteur indépendant, qui travaille aujourd’hui avec l’ensemble des acteurs de chaine de valeur : opérateurs telecoms (Vofadone, France Telecom/Orange, Deutsche Telecom/T-mobile, Telefonica, Telia Sonera…), des constructeurs de terminaux et des fournisseurs de solutions technologiques (Nokia, Motorola, Apple, Sony, HP…), des acteurs des médias & du monde Internet (Google, Yahoo, MSN, E-bay, Amazon, Disney, Mediaset, Bertelsmann, Time Warner, Fox, des labels de musique,….). Nous avons une approche qui n’est pas technologique mais marketing, centre sur le consommateur final.

4 questions pour Thomas Husson Mobile Analyst chez Jupiterresearch

Quels est la réalité du marche des services mobiles en Europe d’après votre dernière étude publiée, "European Mobile Services Consumer Survey, 2006" ?

Les européens utilisent leurs téléphones mobiles essentiellement pour des services de messagerie : le SMS est de loin le service le plus utilisé (79% des utilisateurs) suivi par la prise de photos et l’envoi de MMS (28%), sans pour autant que ces deux derniers services ne génèrent de revenus significatifs pour les opérateurs. L’adoption de services mobiles multimédias (hors SMS) est essentiellement le fait d’adolescents et de jeunes adultes mais reste relativement marginale au regard de l’ensemble de la population mobile. Malgré des revenus importants tirés par la fréquence d’achat, les sonneries, logos et jeux concernent moins de 15% des utilisateurs. Seuls 8% des utilisateurs regardent des vidéos sur leur mobile, même si ce taux monte jusqu’à 12% en Angleterre en raison d’un plus grand nombre de téléphones vidéo disponibles et de la promotion de services innovants comme les vidéo short-codes ou de contenus adaptés aux écrans mobiles. Ce taux de penetration est tres encourageant au regard de la base de terminaux installes et monte meme a 41% pour les utilisateurs 3G. Cependant, si les usages sont encourageants pour les 23 millions d’utilisateurs 3G que comptaient l’Europe de l’Ouest à la fin 2005, il s’agit essentiellement d’early adopters déjà appétents aux services multimédias mobiles et un effet de dilution de l’ARPU aura nécessairement lieu maintenant que le marché de la 3G se diffuse auprès du grand public.

Pour tous les lecteurs du blog 5% de remise sur l’achat de l’étude "European Mobile Services Consumer Survey, 2006", il suffit d’en faire la demande cromei (at) servicesmobiles.fr. L’étude comprend 3 parties : un bilan de l’usage actuel des services, l’analyse de leur propension future à payer pour les services multimedia et une segmentation des utilisateurs. Elle est complétée par 9 graphiques détaillés ci-dessous* dont les données sont issues d’une étude menée par IPSOS sur 3552 possesseurs de mobiles en France, Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie et Suede.

*Usage des services data en fonction du téléphone utilise (3G ou 2G),usage des services d’entertainment (musique, jeux, video) par pays,usage et propension à payer pour les services mobiles par sexe,propension à payer pour les services mobiles en fonction du telephone utilise (3G ou 2G),propension à payer pour les services mobiles en fonction du téléphone utilise (video, MMS, music phones,…),propension à payer pour les services mobiles des utilisateurs souhaitant renouveller leur téléphone,segmentation des possesseurs de téléphone mobiles en Europe,segmentation des possesseurs de téléphone mobiles par pays,segmentation des possesseurs de téléphone mobiles par âge

Selon l’étude les usages du SMS sont très utilisé, est ‘il indétrônable ?

L’usage est effectivement tres repandu, et de plus en plus aupres des plus de 50 ans, et fait desormais partie integrante du quotidien.Il n’y a pas de cannibalisation par le MMS, qui correspond a un autre usage plus émotionnel et plus orienté vers le rich media. Il n’y a pas de raisons fortes que cela change lorsque l’usage MMS décollera, en revanche l’e-mail et surtout l’Instant Messaging mobile vont a terme se greffer autour des usages SMS, qui integreront par ailleurs de plus en plus la notion de "presence" grace aux nouvelles technologies en cours de deploiement (IMS, SIP,…).
Le volume de SMS echanges continue a croitre et il semble qu’il y ait une élasticite-prix plus forte que nous ne l’avions initialement estime. Mais la baisse des prix (SMS offerts ou integres dans les offres voix, bundles, offres illimitees, arrivee de MVNOs, pression reglementaire…) ne compensera pas la hausse des volumes et les revenus tires de cette "vache a lait" des operateurs mobiles vont inéluctablement diminuer.

L’avenir est donc sombre pour les opérateurs mobiles ?

Non, ce serait tres exagéré de dire ca. Disons que leurs marges vont etre pénalisées par les tensions fortes sur les prix de la voix et du SMS (baisse des tarifs de roaming, des terminaisons d’appels, menace a terme de la VoIP, …) et par la restructuration en cours de la chaine de valeur due a l’arrivée de nouveaux entrants (medias et surtout acteurs Internet/FAI). Donc pour rentabiliser leurs investissements dans la 3G, ils leur faut absolument augmenter leurs revenus issus des services mobiles et démocratiser l’idee que le téléphone ne sert plus seulement à communiquer.
La diffusion de ces nouveaux services (TV ou musique sur mobile) ne fait pas de doute. La question est plutôt celle du rythme de développement et il y a encore beaucoup d’incertitudes sur ce marché du multimedia mobile, dont la croissance est prométteuse, mais reste encore a construire.
Le fait qu’un tiers des utilisateurs soient prêts à payer ne veut pas dire qu’il n’y a pas de potentiel. Bien au contraire ! Si on remet en perspective ce chiffre, je ne suis pas sur qu’il y ait eu autant d’adeptes pour la voix sur mobile il y a plus de dix ans, lorsque le GSM en etait encore a ses balbutiements. La croissance du marche des contenus premium va meme tripler selon nous d’ici 2010 et de nouveaux services comme l’IM et l’e-mail mobile sont en train d’emerger. Cela dit, on est encore loin d’un marche de masse et il y a donc encore beaucoup de buzz autour de ces services.

En France ne pensez vous pas que l’un des freins à l’utilisation de Services Mobiles est l’accès à un nouveau mobile ?

Il est certain qu’l faut du temps pour equiper les utilisateurs, avec un taux de renouvellement de l’ordre de 20-21 mois en France.Si l’on regarde en detail la propension a payer des utilisateurs qui possédent des téléphones multimédias compatibles (MMS, jeux, Internet, musique,…), peu d’entre eux utilisent et payent les services correspondants. Près de la moitié d’entre eux ne sont pas prêts à payer pour des services et des contenus mobiles, quel que soit le mobile possédé et alors que celui-ci est parfois fortement subventionné par l’opérateur. L’enjeu est donc bien d’eduquer le marche et cela prend du temps.

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