Volvo muscle sa feuille de route en conduite automatisée avec Nvidia. L’enjeu va bien au-delà d’un modèle électrique isolé.
En bref
- Volvo étend son partenariat avec Nvidia
- La pile visera plus que les seuls véhicules électriques
- Premier modèle attendu avant la fin de la décennie
Chez Volvo, le sujet n’est plus seulement d’équiper quelques VE bien nés. Le constructeur suédois veut porter sa prochaine brique de conduite automatisée sur une base bien plus large, y compris ses hybrides rechargeables et ses modèles thermiques, via un partenariat renforcé avec Nvidia.
Un changement d’échelle, pas un simple ajout technique
Ce qui frappe, c’est la bascule de méthode. Alwin Bakkenes, en charge du développement logiciel chez Volvo, explique que l’industrie fonctionnait beaucoup par ligne de véhicules et par fournisseurs multiples, alors que Volvo s’est transformé en entreprise maîtrisant une pile technologique complète.
Le démarrage se fera sur un véhicule entièrement nouveau, attendu, selon lui, dans un futur pas si proche. Il précise aussi que le premier modèle intégrant cette nouvelle pile Nvidia arrivera avant la fin de la décennie, puis que la technologie pourra s’étendre ensuite. Le montant de l’accord, lui, n’a pas été communiqué. Même flou sur le nom du premier modèle concerné.
Ce que Nvidia apporte vraiment dans la pile
Dans cette version élargie du partenariat, Volvo associe ses systèmes de sécurité et son ingénierie à trois briques de Nvidia : Hyperion pour l’architecture capteurs et calcul, Alpamayo pour la pile logicielle de conduite, et Halos pour la couche d’évaluation sécurité.
Derrière les noms marketing, il y a une logique assez claire. Ali Kani, qui dirige l’activité automobile de Nvidia, décrit Alpamayo comme une pile redondante et diversifiée. Elle mélange une famille de modèles d’IA, des jeux de données, des outils de simulation et de développement, avec du logiciel plus classique reposant sur le machine learning et la perception par caméra et radar.
Il résume l’approche ainsi : « L’idée, c’est de faire tourner ces deux piles en même temps, et nous utilisons des capteurs multimodaux parce que c’est un produit plus sûr de cette façon ». Et ce n’est pas anecdotique, Nvidia ajoute que le logiciel open source Alpamayo a déjà été téléchargé par plus de 650000 développeurs.
Pourquoi ce partenariat compte pour l’écosystème auto
Volvo travaille déjà avec Nvidia. Tous ses véhicules 100 % électriques utilisent aujourd’hui la puce Orin, chargée de traiter les données issues des caméras, du radar et d’autres capteurs pour comprendre l’environnement et prendre des décisions de conduite.
La nouveauté, c’est la volonté de standardiser davantage autour de Hyperion, y compris du point de vue du jeu de capteurs. Pour Volvo, ce choix ouvre plus largement sa stack à son partenariat avec Nvidia. Pour l’écosystème mobile et logiciel, c’est loin d’être neutre : quand un constructeur homogénéise capteurs, calcul et logiciel à cette échelle, il prépare des déploiements plus rapides, plus transverses, et clairement plus industriels.