Une véritable pagaille…
En Suède, alors que la pénétration de marché des téléphones mobiles dépasse les 110 % et que les réseaux 3G couvrent déjà 98 % du pays, on pourrait penser que la livraison de télévision sur les téléphones grand public est un jeu d’enfant pour les opérateurs mobiles.Cependant, une telle hypothèse ignore à la fois la logistique et la politique de la télévision mobile en Suède, où les diffuseurs s’opposent aux opérateurs mobiles, la communauté technologique est divisée par une bataille de titans (Ericsson contre Nokia) et les législateurs doivent faire face à une pression énorme pour réviser (ou ne pas réviser) leurs projets concernant le spectre de la télévision numérique.
En bref, c’est une véritable pagaille.Jusqu’à présent, la Suède n’a pris aucune décision législative sur les attributions de spectre pour la diffusion de télévision mobile. Il n’existe aucun consensus sur les normes de la télévision mobile et aucun modèle de gestion viable n’a été établi. Ce dilemme marque un contraste net avec plusieurs pays, où les principaux opérateurs réseau, voire le gouvernement, ont déjà défini leurs choix technologiques en termes de diffusion de télévision mobile, certains fournisseurs de service jouant des rôles actifs dans les tests, que ce soit en matière de technologie ou de modèles de gestion.Par exemple, la Corée a lancé le 1er décembre les premiers services mondiaux de télévision, radio et multimédias mobiles commerciaux basés sur la norme DMB (diffusion multimédia numérique), qui fait partie de la plate-forme DAB (diffusion audio numérique). La semaine dernière, la Finlande, dont le gouvernement a déjà décidé d’adopter la technologie DVB-H pour la diffusion de télévision mobile sur son spectre UHF, a clôturé le délai initial pour les entreprises proposant des services de télévision mobile. Quatre candidats sont sortis du lot.Dans le même temps, CrownCastle, qui a acquis des droits terrestres exclusifs pour 5 MHz de spectre de bande L aux Etats-Unis, a achevé les tests de la technologie DVB-H et est prêt pour les essais grand public.
Mais pour être tout à fait honnête, le retard de la Suède n’est pas unique. La plupart des pays du monde avancent encore péniblement dans leurs réflexions visant à aboutir à un choix intelligent de technologie de service de télévision mobile.
« Deux secteurs distincts, les diffuseurs et les opérateurs mobiles, sont en conflit en Suède », explique Niklas Engström, responsable multimédia et loisirs chez XLENT Strategy, société scandinave de conseils en hautes technologies basée à Stockholm.Source eetimes.fr