Avec ses hubs IA domestiques, Ugreen promet une maison connectée plus privée. L’idée séduit, mais l’addition monte très vite.
En bref
- Ugreen lance une maison connectée à IA locale
- Promesse forte sur la vie privée, coûts très élevés
- Précommandes ouvertes, livraisons annoncées pour janvier
Environ 18 400 euros (20 000$) pour un hub domestique. Rien que ce chiffre plante le décor. Avec sa nouvelle gamme AIoT, Ugreen vise la maison connectée haut de gamme, pilotée par une IA locale plutôt que par les serveurs d’Amazon ou de Google.
Le vrai sujet, c’est le prix de la confidentialité
Au centre, il y a trois hubs. Le HomeAgent HA100, annoncé à environ 1 655 euros (1 799$), descend à environ 827 euros (899$) en early bird. Il tourne sur une plateforme RK3588, avec 16 Go de LPDDR5 et 26 TOPS. Au-dessus, le HA100 Pro grimpe à environ 5 520 euros (5 999$), ou 2 759 euros (2 999$) au lancement, avec 32 Go de RAM et 205 TOPS via un SoC CIX-CP8180(P1).
Et puis il y a le MasterAgent MA100. Plateforme Nvidia Jetson Thor, 128 Go de mémoire unifiée, jusqu’à 2 070 TOPS. Une sorte de mini serveur IA dans le salon. Tarif public, environ 18 400 euros (20 000$), moitié moins en offre de lancement. Ugreen défend l’idée que le calcul local évite les coûts récurrents d’inférence et de stockage cloud. Sur le papier, oui. En pratique, l’entrée reste franchement raide.
Compatible, extensible, mais pas encore taillé pour tous
Les trois hubs fonctionnent d’emblée avec Matter et ONVIF. Markus Xie, en charge du product planning, a aussi indiqué que Zigbee et Thread arriveront. Vous pourrez donc connecter des produits concurrents, y compris chez Anker ou Eufy.
Mais il manque un morceau important, Home Assistant. Pour les utilisateurs avancés, ça compte. Surtout quand la concurrence l’intègre déjà, avec parfois Apple HomeKit en prime. Côté stockage, même logique que sur les NAS de la marque, il faut ajouter ses propres disques SATA. On trouve aussi du M.2, un lecteur SD, de l’HDMI, de l’Ethernet et plusieurs ports réseau. La démo, elle, restait courte, rideaux et lumières pilotés sans accroc, mais pas de démonstration des règles vocales avancées.
Des caméras SynCare très ambitieuses, presque trop
La gamme SynCare regroupe l’Indoor Cam ID500 Pro, la PoE Cam OD600 Pro et la Battery Cam OD800 Pro. Tarifs, environ 137 euros (149$), 247 euros (269$) et 367 euros (399$), avec des prix de lancement à 82 euros (89$), 146 euros (159$) et 183 euros (199$).
Leur promesse est claire, reconnaissance faciale, détection de colis et traitement local. Ugreen assure que l’accès distant passe par un chiffrement de bout en bout et que les données locales sont protégées en AES-256. Lors d’une démo, une caméra a suivi un visiteur s’approchant d’une porte, avec alertes de plus en plus fermes avant déclenchement d’une alarme. Efficace, quand même. Mais voir ces caméras aussi présentées comme outils pour capter les bons moments de famille, ça peut mettre mal à l’aise.
Uliya, cadre E-Ink et calendrier, un pari encore à prouver
L’assistant vocal de l’écosystème s’appelle Uliya. Son enceinte dédiée sera vendue autour de 91 euros (99$), ou 63 euros (69$) au lancement. À côté, le cadre Ugreen Gallery de 13,3 pouces en E-Ink coûte environ 404 euros (439$), ramenés à 275 euros (299$). Bon, pour l’instant, il sert surtout de cadre photo 4:3.
Les précommandes directes démarrent le 3 septembre jusqu’au 27 octobre pour les hubs, avant une phase Kickstarter jusqu’à la fin de l’année. Le reste de la gamme suivra, avec des livraisons prévues en janvier. L’idée est intéressante, surtout dans un marché où la privacy locale manque encore. Mais entre le ticket d’entrée, les démos incomplètes et l’absence de vrais tests terrain, Ugreen joue gros.