Tesla passe les 10 millions d’EV, mais le vrai mur reste 2035

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Image d'illustration. Tesla franchit un cap, pas l’échéance 2035. — ADN

Tesla vient d’atteindre 10 millions de voitures électriques produites. Le cap impressionne, mais il souligne surtout l’écart avec les objectifs fixés à Elon Musk d’ici 2035.

En bref

  • Tesla a produit 10 millions d’EV
  • La cible 2035 reste très loin
  • Ventes, marge et FSD sous pression

Dix millions de voitures, c’est massif. Mais pour Tesla, le chiffre raconte presque autant ses limites actuelles que sa puissance industrielle. Le constructeur vient bien de franchir le cap des 10 millions d’EV produits, six ans après son premier million, sauf que ce jalon ne le place qu’à mi-chemin d’un objectif bien plus ambitieux fixé à Elon Musk.

Un cap industriel énorme, mais pas encore décisif

Ce dix millionième véhicule compte parce qu’il valide la montée en cadence construite autour des Model 3 et Model Y. Et il compte aussi pour une autre raison, plus financière celle-là. Parmi les quatre grands objectifs produits conditionnant la pleine valeur du package de rémunération de Musk, évalué à 1 trillion de dollars, c’est le plus avancé.

D’ici 2035, Tesla doit en effet produire 20 millions de véhicules, atteindre 10 millions d’abonnements actifs à « Full Self-Driving », livrer 1 million de bots et mettre 1 million de robotaxis sur les routes. Résultat ? La voiture reste, pour l’instant, le dossier le moins lointain.

Le rythme de vente reste le vrai sujet

Là où ça coince, c’est le tempo. Malgré plusieurs années de forte croissance, Tesla n’a jamais réussi à vendre 2 millions de véhicules sur une seule année. Si l’entreprise garde ce rythme, ou ralentit encore, le seuil des 20 millions ne serait pas atteint avant le début des années 2030 au mieux.

C’est d’ailleurs un virage important. Musk promettait autrefois 20 millions de voitures par an dès 2030. Cette idée a été laissée de côté à mesure que les ventes se tassaient. Bon, le changement de discours n’a rien d’anodin pour les investisseurs.

Même aux Etats-Unis, le terrain n’est plus simple

Le paradoxe est assez net. Aux Etats-Unis, Tesla fait face à un champ concurrentiel un peu moins dense, plusieurs grands constructeurs ayant réduit la voilure dans l’électrique, tandis que des acteurs comme Rivian et Lucid Motors peinent encore à passer à l’échelle.

Et pourtant, son marché domestique ne suit pas. Les ventes américaines de Tesla ont chuté de 13 % sur un an au deuxième trimestre. Le groupe a donc dû aller chercher des acheteurs sur des marchés plus récents comme le Japon, l’Australie ou la Lituanie.

Les autres paris de Musk sont encore loin

Sur le logiciel, Tesla a déclaré un peu moins de 1,5 million d’abonnés à FSD. Mais il reste une zone grise: on ne sait pas si les essais gratuits sont inclus, et ils ne compteraient pas dans l’objectif officiel validé par le conseil d’administration.

Pour les robots et les robotaxis, on est encore au tout début. Même constat sur la rentabilité: l’EBITDA ajusté tourne autour de 3,27 milliards de dollars, soit environ 3 milliards d’euros, très loin des 400 milliards de dollars visés en 2035, environ 369 milliards d’euros. Rabais agressifs, baisse des crédits réglementaires monétisables, dépenses en IA et robotique, tout pèse. Et pendant ce temps, BYD a déjà franchi les 17 millions de véhicules à énergie nouvelle produits et vendus, avec une particularité quand même: environ la moitié sont des hybrides.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

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