Starship V3 coupe ses moteurs au dernier instant, SpaceX temporise

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Image d'illustration. SpaceXAI — SpaceXAI / PR-ADN

Le second tir de Starship V3 a été annulé juste après l’allumage. Pour SpaceX, l’incident pèse sur le calendrier, et aussi sur la Bourse.

En bref

  • Lancement annulé après l’allumage du booster
  • Plusieurs moteurs Raptor ne sont pas partis
  • Starlink et l’action SpaceX sont sous pression

Le coup est rude pour SpaceX. Quelques semaines après son entrée en Bourse, l’entreprise a stoppé net sa seconde tentative de lancement de Starship V3, au moment le plus sensible, juste après l’allumage des moteurs au sud du Texas. Et sur un programme aussi exposé, un arrêt automatique ne reste jamais un simple incident de pas de tir.

Un arrêt automatique au pire moment

Jeudi, la séquence semblait pourtant tenir. Un bref arrêt est intervenu à T moins une minute, puis le compte à rebours est reparti. Quand l’horloge est tombée à zéro, le système de déluge d’eau de la rampe s’est activé, le booster Super Heavy a commencé à allumer ses moteurs, puis tout s’est éteint d’un coup.

Elon Musk a expliqué sur X que certains moteurs n’avaient pas démarré, ce qui avait déclenché l’abandon automatique. Il a ajouté, en français, « Certains moteurs n’ont pas démarré, déclenchant un abandon automatique du lancement », avec une nouvelle tentative espérée dans quelques jours. Les visuels de la diffusion de SpaceX laissaient voir que quatre nouveaux moteurs Raptor n’avaient pas pris à l’allumage.

Un vol test crucial pour la machine économique

Ce tir ne servait pas seulement à faire avancer le lanceur. SpaceX voulait envoyer ses premiers satellites Starlink V3, même s’ils devaient se consumer environ vingt minutes après leur déploiement, puisque Starship n’a pas encore prouvé sa capacité à atteindre l’orbite terrestre.

L’enjeu est lourd. La version améliorée de Starship et celle de Starlink sont au centre du pari des data centers orbitaux, un concept que l’entreprise veut rendre viable techniquement et économiquement. Et surtout, Starlink reste la plus grosse source de revenus de SpaceX, sa seule activité rentable à ce stade.

Retour en vol sous surveillance

Ce devait aussi être le vrai retour après le vol de mai, premier lancement de Starship V3. Il y avait du bon, quand même. Le lanceur avait quitté le pas de tir avec cette nouvelle version et déployé plusieurs simulateurs Starlink.

Mais le booster avait connu une défaillance avant sa tentative d’amerrissage simulé dans le golfe du Mexique. La FAA avait alors imposé une revue, avant d’autoriser un nouveau vol plus tôt cette semaine après avoir identifié plusieurs causes et correctifs. L’étage supérieur, lui, avait perdu un moteur pendant la mission de mai, tout en réussissant ensuite son amerrissage simulé au-dessus de l’eau.

Le marché regarde aussi la rampe

Depuis l’IPO du 12 juin, la plus grosse de l’histoire, SpaceX avance avec un public bien plus large aux jumelles. L’opération a levé environ 78 milliards d’euros (85 milliards de dollars) et la valorisation a brièvement tutoyé celles d’Amazon et de Microsoft. Sauf que le titre a glissé tout le mois.

Jeudi, l’action a clôturé sous son prix d’introduction, à moins de 124 euros (135 dollars). Puis elle a encore perdu plus de 4% après Bourse après cet abandon. Du coup, SpaceX doit maintenant vidanger tous les ergols du booster et de l’étage supérieur, puis comprendre précisément ce qui a cassé la séquence.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

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