Le boom de l’IA propulse SK Hynix à des niveaux de profit rarissimes dans l’industrie. Mais la bataille des puces mémoire se tend déjà face à la Chine.
En bref
- SK Hynix affiche une marge record
- L’IA dope les puces mémoire
- La pression chinoise monte déjà
Près de 80 % de marge opérationnelle dans l’industrie manufacturière, ce n’est pas banal. C’est pourtant ce qu’a signé SK Hynix au troisième trimestre, porté par la vague IA qui continue de tirer les puces mémoire vers le haut.
Une marge qui sort du cadre industriel
Le chiffre qui accroche, c’est ce 79,7 % de marge opérationnelle entre juillet et septembre. Autrement dit, presque 80 % du chiffre d’affaires de SK Hynix a été conservé sous forme de profit opérationnel. Pour un industriel, c’est énorme.
Sur la période, le groupe a dégagé un bénéfice opérationnel de 83,33 billions de wons, soit environ 63 milliards d’euros (62,76 milliards de dollars), pour un chiffre d’affaires de 104,62 billions de wons. Le boom mondial de l’IA explique largement cette envolée.
Des records qui s’enchaînent, au-dessus des attentes
Ce trimestre n’arrive pas de nulle part. SK Hynix enchaîne ici son sixième trimestre record d’affilée, ce qui dit quelque chose de la profondeur du cycle en cours.
Le bénéfice opérationnel a bondi de 632 % sur un an sur les trois mois arrêtés fin septembre. Et le groupe fait mieux que le marché attendait, puisque les analystes tablaient sur environ 77 billions de wons de profit opérationnel. Même la trajectoire de marge raconte la même histoire, 72 % au premier trimestre, 76,3 % au deuxième, puis 79,7 % au troisième. La pente reste très nette.
Pourquoi ce trimestre compte au-delà de SK Hynix
Derrière le cas SK Hynix, on voit surtout la place prise par les fabricants sud-coréens dans la ruée actuelle vers les composants pour l’IA. Samsung profite, lui aussi, de cette frénésie, et c’est toute l’industrie mémoire du pays qui récolte aujourd’hui les fruits de cette demande.
Mais le sujet ne s’arrête pas aux records. La vraie ligne de tension, c’est la capacité des concurrents chinois à grignoter des parts de marché. Bon, l’avance sud-coréenne se lit encore dans les comptes. Quand une entreprise industrielle transforme quasiment quatre cinquièmes de ses ventes en profit opérationnel, le signal est limpide. Reste que, dans les semi-conducteurs, ce genre d’écart attire toujours des poursuivants.