Un récit de Time relie Grok à la décision de Trump au Venezuela. Et il éclaire la place grandissante de l’IA au Pentagone.
En bref
- Grok aurait conseillé Trump sur le Venezuela
- Le Pentagon utilise déjà Gov Grok en guerre
- Musk pourrait peser plus encore sur la défense
L’élément qui frappe n’est même plus la rencontre en elle-même. C’est la place prise par l’IA dans une chaîne de décision militaire et politique déjà très concrète. Quand un outil comme Grok sort du cadre conversationnel pour nourrir des choix de défense, le sujet change d’échelle.
Une IA déjà branchée sur les décisions de guerre
En juin, le responsable de l’IA au Pentagon expliquait que Gov Grok avait été utilisé pour déployer des moyens et frapper des cibles pendant la guerre avec l’Iran. Dit autrement, Grok n’apparaît pas ici comme un assistant périphérique, mais comme un outil déjà mobilisé dans l’action.
Ce n’est d’ailleurs pas le seul modèle présent au DoD. OpenAI dispose aussi d’un accord, tandis que Anthropic discute encore des conditions d’usage de ses modèles pour le renseignement militaire et la guerre moderne. Mais le contraste est là, Grok semble bénéficier d’une proximité politique particulière.
Le rendez-vous discret qui change la lecture du dossier
D’après Time, tout remonte aussi à une réunion secrète tenue en décembre 2025 entre Donald Trump et Elon Musk, environ un mois avant l’invasion américaine du Venezuela et la capture de son président, Nicolás Maduro. Cette séquence intervient à peu près sept mois après le départ de Musk de l’administration Trump, où il occupait un rôle au DOGE.
Pendant cette rencontre, Trump aurait passé des heures à échanger avec Grok. Parmi les questions posées, il y en avait une très précise, la réaction probable des Vénézuéliens si leur président était capturé.
Le Venezuela comme test politique grandeur nature
Quelques mois plus tôt, en septembre, Trump avait déjà ordonné des frappes contre des bateaux vénézuéliens qu’il accusait d’être liés au trafic de drogue. À ce moment-là, rappelle The Atlantic, des utilisateurs interrogeaient déjà Grok sur ces frappes et sur le climat politique au Venezuela.
Selon le récit rapporté par Time, Grok aurait présenté Maduro comme un dirigeant très impopulaire et estimé que beaucoup de Vénézuéliens accueilleraient favorablement sa chute. Puis, après l’invasion du 3 janvier, ces scènes de célébration ont bien eu lieu. Résultat, toujours selon une source citée par Time, Trump en serait ressorti convaincu du caractère particulièrement brillant de Grok.
Pourquoi Grok peut encore gagner du terrain
Et c’est là que l’affaire devient stratégique. Plus tôt cette semaine, le Pentagon a annoncé que Elon Musk et Palmer Luckey, fondateur d’Anduril, codirigeront une étude sur l’usage actuel et futur des technologies avancées sur les champs de bataille.
Vu depuis l’écosystème mobile et IA, le signal est net. Grok ne sert plus seulement à répondre à des prompts sensibles, il entre dans un environnement où se croisent renseignement, ciblage et arbitrage politique. Et quand l’outil paraît validé par les faits, son poids peut grimper très vite.