Pourquoi Ulanqab devient un point névralgique de l’IA chinoise

Carte de Chine serrant un centre de données
Image d'illustration. Ulanqab capte l’essor des centres IA chinois. — ADN

Portée par le vent, le froid et l’électricité bon marché, Ulanqab attire les infrastructures IA géantes. Un basculement stratégique pour la Chine.

En bref

  • Ulanqab bascule de l’élevage vers l’IA
  • Le vent et le froid attirent les data centers
  • Envision Group y lance un campus géant

L’IA a besoin d’un carburant très simple, du calcul et surtout beaucoup d’électricité. C’est là que Ulanqab, en Mongolie intérieure, sort du lot. Cette ville rurale située à plusieurs centaines de kilomètres au nord-ouest de Pékin transforme un vieux capital local, le vent et le froid, en avantage industriel très concret.

Le vrai carburant de l’IA, c’est l’électricité

Avec l’explosion mondiale de l’IA, la bataille ne se joue pas seulement sur les modèles ou les puces. Elle se joue aussi sur l’accès à une énergie abondante. Dans le cas d’Ulanqab, l’équation est limpide, une électricité éolienne bon marché, et un climat frais qui aide à faire tourner ce type d’infrastructure.

Ce n’est pas un détail. La même météo qui a longtemps soutenu l’économie locale devient aujourd’hui un levier pour les centres de calcul. Et dans cette course, ça pèse lourd.

D’une économie pastorale à une plateforme de calcul

Pendant des générations, Ulanqab, dont le nom mongol signifie « red cliff pass », en français « passage de la falaise rouge », était surtout connue pour ses pâturages battus par le vent. On y élevait du bétail, et les pommes de terre profitaient de longues heures d’ensoleillement.

Au pied de la chaîne des Yinshan, l’économie dépendait du temps qu’il faisait, avec ces brises fraîches et puissantes qui traversent la région. Aujourd’hui, l’image a changé. Des éoliennes géantes se dressent à côté du bétail sur les prairies en pente. Le décor reste rural, mais l’usage de l’énergie bascule clairement vers le numérique.

Un campus géant qui change d’échelle

Début août, Envision Group, spécialiste chinois des énergies renouvelables, a mis en service son Galaxy Campus à Ulanqab. Le cœur du site, c’est un centre de données IA de 120000 mètres carrés. En gros, l’équivalent d’une vingtaine de terrains de football standard.

Le campus est conçu pour accueillir jusqu’à un million d’accélérateurs d’IA. Sa capacité électrique prévue dépasse 2 gigawatts. À ce niveau, on ne parle plus d’un simple data center régional. On parle d’une installation qui peut compter parmi les plus grandes au monde sur ce segment.

Une comparaison qui situe tout de suite le niveau

Pour mesurer l’échelle, il suffit de regarder un repère américain. Selon un classement d’Epoch AI, Colossus 2, le grand centre de données IA exploité aux États-Unis par la société SpaceXAI d’Elon Musk, affiche une capacité IT projetée de 1,5 gigawatt.

Le site d’Ulanqab vise donc plus haut sur le plan électrique. Clairement, cette ville autrefois associée à l’élevage devient un actif industriel très recherché dans la montée en puissance de l’IA chinoise.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005

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