Polymarket accusé d’orchestrer de faux paris viraux sur TikTok aux US

Polymarket
Image d'illustration. Polymarket — Polymarket / PR-ADN

Une enquête du Wall Street Journal évoque des vidéos TikTok trompeuses financées par Polymarket. Et le sujet rejoint déjà le front de la régulation.

  • 1 105 vidéos TikTok passées au crible
  • Des faux paris imitaient le site Polymarket
  • La régulation se durcit déjà

Le moment est mal choisi pour Polymarket. Alors que la régulation des marchés prédictifs se tend déjà, une enquête du Wall Street Journal ajoute une couche bien plus embarrassante, celle de vidéos trompeuses diffusées sur TikTok avec l’appui de la plateforme.

Des vidéos virales, mais des paris qui n’existent pas

Le point le plus frappant est presque visuel. Le Wall Street Journal dit avoir examiné 1 105 vidéos publiées sur TikTok. Parmi elles, 778 donnaient l’impression de montrer quelqu’un en train de placer un pari sur Polymarket.

Sauf qu’en regardant de plus près, le journal explique qu’aucune de ces vidéos ne montrait en fait le véritable site de Polymarket. Les créateurs utilisaient des sites factices, conçus pour ressembler à l’original. En gros, le décor imitait la plateforme, pas la plateforme elle-même. La nuance est lourde, parce qu’elle transforme une démonstration supposée réelle en simple mise en scène.

Le problème ne tient pas qu’à la mise en scène

L’autre point, plus gênant encore, touche au résultat affiché. Pour plus de la moitié des vidéos qui semblaient montrer des paris gagnants, ces paris auraient en réalité été perdants, selon le Wall Street Journal.

Le journal dit aussi avoir parlé à des créateurs ayant travaillé avec Polymarket et consulté des documents qui leur auraient été fournis. Le but, d’après ces éléments, était de rendre les contenus convaincants et engageants. Pas seulement jolis à regarder, donc, mais assez crédibles pour circuler sans trop de friction. C’est assez net.

Une mécanique d’amplification qui change l’échelle

Il n’est pas question seulement de quelques posts isolés. L’enquête évoque aussi une sorte d’armée sociale mobilisée pour repartager ces vidéos et les aider à devenir virales.

Du coup, on n’est plus dans la promotion classique d’un produit numérique. On parle d’une mécanique pensée pour pousser des contenus trompeurs dans les flux, avec répétition, reprise et effet de masse. Pour une plateforme dont l’activité repose sur la confiance dans le marché, l’exécution paraît quand même très risquée.

Pourquoi cette affaire compte au-delà de TikTok

Le contraste est fort. Polymarket fait déjà les gros titres cette année pendant que plusieurs gouvernements cherchent comment encadrer, ou bloquer, ces marchés prédictifs.

Le mois dernier, le Minnesota est devenu le premier État des États-Unis à les interdire. D’autres États ont tenté la même chose, mais plusieurs actions en justice contestent ces initiatives. Et en mai, l’Espagne a bloqué Polymarket ainsi que Kalshi, le temps de déterminer si ces services enfreignent sa législation sur les jeux d’argent.

Bref, l’enquête ne tombe pas dans le vide. Elle arrive au moment précis où la bataille ne porte plus seulement sur la croissance de Polymarket, mais sur sa capacité à rester défendable face aux régulateurs.