Avec Bristol Myers Squibb et Tempus AI, Pathos veut attaquer la neurologie via sa plateforme d’IA. L’enjeu est massif, le risque aussi.
En bref
- Pathos lève environ 218 millions d’euros
- BMS et Tempus AI ciblent la neurologie
- Foundry doit réduire le risque clinique
Quand 99% des essais cliniques en neurologie échouent, chaque point de probabilité gagné pèse lourd. C’est là que Pathos place son offensive, avec un accord centré sur Alzheimer et d’autres maladies neurologiques, en s’adossant à Bristol Myers Squibb et Tempus AI.
La neurologie, terrain idéal pour une IA qui trie mieux
Le pari de Pathos tient en une idée simple, mais ambitieuse. Sa plateforme Foundry mobilise des milliers d’agents d’IA pour suivre en temps réel les flux d’information d’un programme médicament, depuis les données génomiques jusqu’au paysage concurrentiel, afin de repérer les actifs qui ont le plus de chances de fonctionner.
Dans la neuro, où les impasses coûtent des années, cette promesse n’a rien d’anecdotique. L’objectif est d’amener plus vite aux patients des thérapies plus efficaces, avec une couche de décision continue pour orienter la stratégie clinique.
BMS finance et branche Pathos sur sa propre R&D
Le signal fort, clairement, vient de Bristol Myers Squibb. Le groupe mène la série E de Pathos, bouclée à environ 218 millions d’euros (237M$), et il ne se contente pas d’un ticket financier. Le même jour, les deux acteurs ont signé une collaboration focalisée sur la maladie d’Alzheimer.
Autrement dit, Bristol Myers Squibb va aussi faire entrer Foundry dans son propre pipeline de recherche. Pour l’écosystème, c’est important: on n’est pas face à une vitrine IA de plus, mais à un usage prévu dans une chaîne de développement bien réelle.
Tempus apporte la matière première, Foundry fait le tri
De son côté, Tempus AI doit construire, pour Pathos, un jeu de données complet à partir de centaines de milliers de patients atteints de troubles neurologiques. Contrat sur cinq ans, pour environ 51 millions d’euros (55M$).
Ces données seront désidentifiées, puis exploitées par Foundry pour guider des essais adaptatifs en neurosciences. Bristol Myers Squibb, Pathos et Tempus AI travailleront aussi ensemble pour explorer de nouveaux candidats médicaments en neurologie.
Une plateforme à scaler, avec des actifs déjà en ligne de mire
Une partie de l’argent servira à faire monter Foundry en puissance. Et Pathos n’arrive pas les mains vides. La société dit avoir déjà bâti, via d’autres partenariats pharma, un pipeline en oncologie avec notamment JSKN-106, un ADC bispécifique TROP2/HER3 en phase 3 licencié auprès de Alphamab Oncology, un PROTAC préclinique mené avec AstraZeneca, et un inhibiteur CBP/p300 sous licence de Novo pour le cancer de la prostate et le myélome multiple.
Deux priorités de financement ressortent: JSKN-106 et AZD4241. S’ajoute DO-2, inhibiteur de kinase MET récupéré via une participation majoritaire dans la société belge DeuterOncology.
Le rythme est d’ailleurs soutenu: après une série D d’environ 336 millions d’euros (365M$) en mai 2025 et une série C d’environ 57 millions d’euros (62M$) en octobre 2024, Pathos accélère encore. Son directeur général, Iker Huerga, résume l’idée ainsi: « Nous construisons une plateforme pour améliorer de façon systématique la probabilité de succès du développement de médicaments ».