Nouveau front judiciaire dans les smart rings : Oura attaque encore Ultrahuman aux États-Unis, avec un objectif clair, bloquer le retour du Ring Pro.
En bref
- Oura attaque encore Ultrahuman aux États-Unis
- Le Ring Pro vise deux nouveaux brevets
- Le dossier pèse sur tout le marché
Le marché des smart rings accélère, et la bagarre aussi. Alors que IDC attend 4,9 millions d’unités expédiées cette année, en hausse de 12,8 %, Oura tente de freiner le retour américain d’Ultrahuman avec une nouvelle plainte. Ce n’est pas un détail de procédure, vous avez là une bataille pour verrouiller un segment encore petit, mais déjà très stratégique.
Un marché qui grossit, et une bataille qui se durcit
Chez Oura, le timing intrigue quand même. La société reste l’un des noms les plus solides de la catégorie, mais elle vient aussi de mettre en pause son IPO valorisée à 2,2 milliards de dollars, soit environ 2,0 milliards d’euros, en invoquant l’incertitude du marché. En parallèle, elle continue d’ajouter des fonctions à ses bagues, avec de nouveaux indicateurs fitness annoncés cette semaine pour suivre l’impact des entraînements sur la santé cardiovasculaire.
En face, Ultrahuman n’est plus un outsider folklorique. La startup a levé environ 64 millions d’euros (70 millions de dollars) en septembre, avec Qualcomm Ventures et Labcorp parmi les investisseurs, pour une valorisation d’environ 334 millions d’euros (365 millions de dollars).
Le Ring Pro de nouveau visé sur le sol américain
Jeudi, Oura a saisi un tribunal fédéral du Texas. L’entreprise accuse le Ring Pro d’enfreindre deux brevets liés au design de la bague et à ses composants internes, notamment la batterie et les capteurs. Elle réclame des dommages financiers, mais surtout une injonction permanente pour stopper la vente du produit aux États-Unis.
Et Oura ne vise pas seulement Ultrahuman. Le fabricant texan SVTronics est aussi cité, l’entreprise étant présentée comme le partenaire qui produit le Ring Pro dans une usine de Plano, sous la direction d’Ultrahuman. La plainte parle d’infraction par fabrication, importation et vente sur le territoire américain.
Un point compte beaucoup, clairement. L’un des deux brevets invoqués, le 12,769,363, a été délivré à Oura le 20 octobre, soit deux jours seulement avant le dépôt de plainte. Il couvre une architecture interne de bague connectée avec batterie incurvée, carte électronique, aimants et capteurs.
Le retour d’Ultrahuman aux États-Unis déjà fragilisé
Le plus frappant, c’est que Ultrahuman venait à peine de rouvrir la porte américaine. Son Ring Pro redesigné, lancé en février, avait obtenu en mars une décision favorable des douanes américaines, ce qui permettait son retour sur le marché.
Mais ce feu vert portait seulement sur le brevet au cœur du précédent litige, selon Oura. L’ancienne affaire avait conduit à l’interdiction d’importation du Ring Air, après une décision de la International Trade Commission obtenue l’an dernier par Oura. La société affirme aussi qu’Ultrahuman a déjà copié ses innovations par le passé.
Oura verrouille son terrain, Ultrahuman cherche encore à élargir le jeu
Depuis 2023, les deux groupes se disputent les brevets autour des bagues connectées. Et Oura ne s’arrête pas là : Samsung, Zepp Health, Circular et RingConn ont aussi subi une pression juridique comparable. Dans certains cas, comme avec RingConn et Circular, cela s’est terminé par des accords de licence avec paiement de royalties.
Pendant ce temps, Ultrahuman travaille avec Qualcomm sur une nouvelle bague capable d’exécuter davantage de logiciels en local, avec des ambitions qui dépassent la santé et le fitness, vers l’IA et même le gaming. Résultat ? Ce dossier dépasse largement un conflit produit. Il dit qui pourra peser sur les standards techniques du marché américain des smart rings.