Le mobile devient le maillon faible de l’entreprise face à l’IA. Zimperium décrit une accélération nette du phishing, des spywares et du Shadow AI.
En bref
- Le mobile encaisse la poussée des attaques IA
- Le phishing explose sur les terminaux professionnels
- Shadow AI et code IA ajoutent des angles morts
Pendant que les entreprises ont blindé le poste de travail, le cloud et le réseau, le mobile a souvent gardé une porte entrouverte. C’est précisément là que l’IA accélère le plus vite.
Le mobile reste le point de rupture
Le rapport 2026 de Zimperium, nourri par les travaux de zLabs, décrit une bascule nette. Les attaques sur appareils et applications mobiles gagnent en vitesse, en volume et en sophistication, plus vite que les capacités de défense des entreprises. Et ce n’est pas un détail d’architecture. Pour des collaborateurs, des clients, parfois des opérations critiques, le smartphone est devenu un point d’accès central.
Shridhar Mittal, CEO de Zimperium, résume le problème sans tourner autour du pot : « L’IA a profondément rebattu les cartes de la sécurité mobile ». Il estime aussi que le niveau de menace attendu dans cinq ans est déjà là aujourd’hui, alors que beaucoup d’organisations n’ont toujours pas de vrai plan de réponse.
Le phishing piloté par l’IA change d’échelle
Les chiffres sont raides. Depuis janvier 2025, les incidents de phishing détectés sur les appareils mobiles des employés ont bondi de 380 %. En 2025, le nombre d’appareils depuis lesquels un utilisateur a cliqué sur un lien malveillant a, lui, progressé de 110 % par rapport à l’année précédente.
Ce n’est pas juste une question de volume. Zimperium indique que l’IA produit des contenus de phishing jugés 4,5 fois plus convaincants que ceux écrits par un humain, et que 86 % des attaques de phishing embarquent désormais des éléments générés par l’IA. Certaines estimations vont même au-delà, avec une hausse supérieure à 1 200 % pour les campagnes assistées par IA. Résultat, l’industrialisation est déjà là.
Spywares et Shadow AI ouvrent deux fronts
Sur le versant externe, les spywares progressent encore. Ils sont présents sur près d’un terminal mobile professionnel sur dix, soit plus de quatre fois plus en un an. Pour un RSSI, le risque est limpide : vol d’identifiants, surveillance des échanges, accès à des données sensibles.
Mais il y a l’autre front. L’adoption d’applications mobiles intégrant de l’IA a été multipliée par 14 sur Android et par 7 sur iOS. Ce Shadow AI complique la confidentialité, la gouvernance, la conformité et la protection de la propriété intellectuelle. Bon, on parle ici d’angles morts très concrets, pas d’un débat théorique.
Le code généré par l’IA ajoute une dette de sécurité
Le développement assisté par IA accélère la production applicative, mais il ajoute aussi sa part de fragilité si la sécurité ne suit pas tout le cycle de vie. D’ici 2027, 25 % des défauts logiciels pourraient venir de code généré par l’IA, contre moins de 1 % en 2023.
Le point clé pour l’écosystème mobile est là : l’IA n’améliore pas seulement l’arsenal des attaquants, elle modifie aussi la façon dont les apps naissent, circulent et exposent les données. Pour les entreprises, sécuriser l’appareil seul ne suffira plus.