McKesson frappé à son tour, avec des millions de dossiers volés

Croix orange, cloud et dossiers volés
Image d'illustration. Des millions de dossiers sont en jeu. — ADN

Le géant américain de la distribution pharmaceutique confirme une fuite de données après une intrusion cloud. L’enjeu dépasse McKesson.

En bref

  • McKesson confirme une fuite après intrusion cloud
  • ShinyHunters revendique des millions de lignes patients
  • La santé américaine reste une cible majeure

La santé américaine encaisse attaque sur attaque, et quand c’est McKesson qui tombe, on ne parle pas d’un acteur de niche. Le groupe texan distribue médicaments, fournitures médicales et technologies à grande échelle aux hôpitaux et prestataires de soins aux États-Unis. Forcément, la masse de données patients qui transite chez lui pèse lourd.

Pourquoi le cas McKesson compte tout de suite

Vendredi, McKesson a confirmé que des pirates avaient compromis plusieurs de ses comptes cloud plus tôt dans la semaine et exfiltré des données. L’entreprise a aussi prévenu qu’elle s’attendait à une dégradation intermittente des services liée à l’incident.

Dans un message distinct adressé à ses clients, son directeur technologique, Francisco Fraga, a précisé que les données volées concernaient les activités oncology et multispecialty ainsi que medical-surgical. Dit autrement, des segments très concrets de l’activité santé, pas un coin secondaire du SI.

Une intrusion menée par phishing, avec des données très sensibles

Le groupe ShinyHunters, particulièrement actif depuis deux ans sur l’extorsion de données, a revendiqué l’attaque. Sa méthode, selon ses propres dires, repose sur du phishing et de l’ingénierie sociale pour pousser plusieurs employés à accorder l’accès au réseau de McKesson. Rien de très sophistiqué sur le papier. Et c’est bien ça le problème.

Les pirates affirment avoir récupéré des noms, adresses et numéros de sécurité sociale, mais aussi des informations médicales protégées, avec diagnostics, traitements, allergies et notes patients. Ils parlent de millions de lignes extraites depuis les environnements Snowflake et Salesforce hébergés dans le cloud, sans pouvoir encore chiffrer le nombre exact de personnes touchées.

Il y a aussi des données de salariés de McKesson, notamment des adresses personnelles. ShinyHunters a transmis des captures d’écran et un échantillon des fichiers volés à TechCrunch, qui a recoupé une petite partie avec des archives publiques.

Une pression financière énorme, dans une série noire du secteur

Selon Bleeping Computer, les attaquants auraient réclamé environ 51 millions d’euros (55 millions de dollars) pour ne pas publier les fichiers. McKesson n’a pas répondu lundi à une demande de commentaire sur ce point.

Mais le vrai sujet, c’est la répétition. La semaine dernière, Boston Scientific a subi une attaque qui a mis hors ligne une large part de son réseau. Plus tôt cette année, chez Stryker, des pirates ont exploité des outils internes pour effacer à distance des milliers d’appareils d’employés. Abbott Laboratories et Medtronic ont aussi été visés, tandis que les violations chez CareCloud et TriZetto ont touché plus de 3 millions de patients chacune.

Et ShinyHunters n’en est pas à son coup d’essai. Le groupe s’est aussi attribué des fuites importantes chez OneMedical, propriété d’Amazon, et chez l’assureur dentaire DentaQuest. Pour l’écosystème mobile et cloud santé, le message est limpide, les identités restent la porte d’entrée la plus rentable.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005

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