Chez National Vision, les Ray-Ban Meta comptent déjà parmi les montures qui partent le plus vite. Un signal fort pour la distribution optique.
En bref
- Les Ray-Ban Meta accélèrent chez National Vision
- L’optique voit arriver une nouvelle clientèle premium
- Le marché des lunettes connectées explose aussi en retail
Ce n’est plus seulement un objet de démo posé sous vitrine. Chez National Vision, les montures Ray-Ban Meta fabriquées par EssilorLuxottica figurent déjà parmi celles qui tournent le plus vite dans l’assortiment. Pour un réseau de 1 270 magasins répartis dans 40 États, avec près de 7 millions de patients en optométrie par an et 2 000 optométristes, le signal pèse lourd.
Quand la monture connectée devient un vrai produit de magasin
L’intérêt, ici, c’est le changement d’échelle. National Vision, maison mère d’America’s Best et d’Eyeglass World, a commencé par un pilote l’an dernier avant d’étendre rapidement la présence des Ray-Ban Meta à plus de 100 points de vente. Et le distributeur laisse les clients mobiliser leur assurance tout en choisissant des verres correcteurs.
Pour l’écosystème mobile, c’est tout sauf anecdotique. La caméra, les haut-parleurs intégrés et la connexion Bluetooth entrent dans le magasin d’optique classique, pas uniquement dans les rayons d’électronique.
Le client type n’est pas forcément un geek
Alex Wilkes, le patron de National Vision, raconte avoir vu en boutique un vendeur convaincre un client d’acheter ces lunettes pour filmer ses voitures radiocommandées depuis le bord de piste. Pas franchement le fantasme du power user IA. Et c’est justement ce qui rend le produit intéressant.
Les usages cités restent très concrets, capturer des photos ou des vidéos, demander à l’assistant de traduire un menu, ou reconnaître une fleur. Les premières lunettes connectées de Meta et EssilorLuxottica datent de 2021. La deuxième génération, lancée en 2023, a ajouté des haut-parleurs plus puissants et une caméra améliorée. Bon, on tient là un produit qui commence à parler à des gens ordinaires, pas mal de gens même.
Un panier moyen plus haut, donc un intérêt business immédiat
Autre point très concret, ces acheteurs ne viennent pas juste pour la monture. D’après Alex Wilkes, ils prennent aussi les options de verres les plus haut de gamme, notamment les Transitions, en maximisant leur couverture d’assurance.
Résultat, les lunettes IA tirent non seulement le trafic, mais aussi la valeur du panier. Pour un opticien, c’est clairement plus qu’un gadget branché.
Le prochain relais de croissance pour l’électronique grand public
Le mouvement dépasse l’optique. Selon Ben Arnold de Circana, le chiffre d’affaires des smart glasses a bondi de 233 % sur les douze mois arrêtés en mai, à environ 403 millions d’euros (436 millions de dollars). Plus tôt cette année, EssilorLuxottica indiquait avoir vendu plus de 7 millions de lunettes IA en 2025.
Meta domine pour l’instant avec ses modèles Ray-Ban et Oakley, plus une nouvelle version Ray-Ban Meta avec petit écran couleur dans le verre droit, lancée en septembre. Samsung et Snap ont aussi annoncé leurs lunettes, et Ben Arnold s’attend à voir suivre Apple ou Amazon.
Chez Best Buy, plus de 50 magasins proposent déjà des espaces de démonstration pour essayer les lunettes IA de Meta et les casques VR. Pour Brad Jashinsky, analyste chez Gartner, le ralentissement des ventes de smartphones pousse les distributeurs à chercher la prochaine grande catégorie capable de ramener du monde en magasin. Vu la vitesse prise par ces lunettes, la piste mérite d’être regardée de très près.