Plus de 920 millions d’euros levés au total, et une idée simple: les investisseurs veulent d’abord des chiffres propres et compris.
En bref
- Des chiffres mal tenus coûtent cher
- La data room peut faire basculer une levée
- L’IA arrive aussi sur la finance startup
Sasha Orloff, qui a participé à des levées totalisant plus de 920 millions d’euros (1 Md$), raconte qu’il a failli perdre un term sheet pour une raison très concrète, sa data room n’était pas prête. Dans l’écosystème startup, on parle souvent de vision, de narration, de momentum. Là, on retombe sur le dur, les chiffres, les pièces, l’état réel de la boîte.
Même avec un gros historique, rien n’est acquis
Dans l’émission Build Mode, animée par Isabelle Johannessen, le fondateur et CEO de Puzzle revient sur ce que lui ont appris plusieurs entreprises financées à grande échelle. Le message est limpide, les investisseurs n’attendent pas une société parfaite. Ils attendent des dirigeants capables d’expliquer, sans flou, où en est vraiment l’activité.
Et c’est là que pas mal de fondateurs se font piéger. Données désordonnées, métriques mal comprises, process lancés quand la trésorerie est déjà trop tendue. Résultat, moins de levier, une valorisation qui souffre, parfois même une feuille de conditions qui vacille.
Les métriques que les VCs veulent vraiment voir
Ce que Sasha Orloff met en avant n’a rien de décoratif. Les VCs regardent la croissance du revenu, bien sûr, mais aussi la qualité de ce revenu. Ils scrutent aussi le runway, les marges, l’efficacité commerciale et la rentabilité.
Bon, rien de neuf sur le papier. Ce qui compte, c’est qu’un fondateur les connaisse par cœur avant de pitcher. Pas pour réciter un tableau Excel, pour montrer qu’il comprend la mécanique économique de sa boîte. Et qu’il sait ce qui fonctionne, ce qui casse, ce qui doit être corrigé.
Les attentes changent à chaque stade de financement
La diligence n’a évidemment pas le même niveau entre un tour de pré-amorçage, un seed, une Série A ou une Série B. Plus la startup grandit, plus l’examen se durcit. Préparer les bons éléments en amont devient alors un vrai avantage de négociation, pas juste une tâche administrative.
Sasha Orloff insiste aussi sur un point assez sain, être honnête sur ce qui ne marche pas peut renforcer un pitch. Là encore, les investisseurs ne demandent pas la perfection. Ils veulent voir une lecture lucide de la réalité.
Pourquoi cette discussion compte au-delà du fundraising
Ce retour d’expérience éclaire aussi le produit de Puzzle. Les frustrations vécues par Sasha Orloff pendant ses levées et dans la gestion financière ont nourri la création de l’entreprise. En gros, mettre de l’ordre dans la finance n’aide pas seulement à lever, cela pèse aussi sur la confiance, la conformité et la valorisation.
Et il ouvre une dernière piste, l’IA pourrait changer la manière dont les startups gèrent leur comptabilité et lisent leur santé financière. Pour les fondateurs, le signal est clair, la finance n’est plus un back-office qu’on traite tard. C’est déjà un sujet produit, pilotage et pouvoir de négociation.