L’essor de l’IA chez Amazon compromet ses ambitions en matière de développement durable

Image d'illustration. AmazonAmazon / PR-ADN
Alors qu’Amazon accélère l’intégration de l’intelligence artificielle dans ses services, cette stratégie suscite des inquiétudes quant à son impact environnemental. La consommation énergétique croissante liée à ces technologies remet en question les engagements écologiques du groupe.
Tl;dr
- Les émissions d’Amazon repartent à la hausse en 2024.
- L’essor de l’IA générative accroît sa consommation d’énergie.
- L’objectif « zéro émission » de 2040 apparaît fragilisé.
L’ombre de l’IA sur les ambitions climatiques d’Amazon
La trajectoire climatique d’Amazon, pourtant pionnière dans les engagements écologiques, semble aujourd’hui bousculée par son virage technologique. Alors qu’elle figure parmi les fondatrices du The Climate Pledge – une initiative réunissant désormais 549 entreprises, de MasterCard à Sony, déterminées à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2040 –, le géant américain dévoile une réalité moins flatteuse dans son dernier rapport de durabilité.
L’impact massif des data centers et de l’intelligence artificielle
L’année 2024 marque un tournant : pour la première fois depuis deux ans, la firme a vu son empreinte carbone globale progresser de six pour cent. Ce chiffre prend un relief particulier si l’on considère la méthode employée par Amazon, régulièrement pointée du doigt par des experts qui estiment que le groupe « sous-évalue considérablement » ses émissions en négligeant certains indicateurs standards. Déjà en 2022, la révision des critères avait permis de faire chuter artificiellement les bilans.
Plus précisément, cette hausse s’explique en grande partie par l’accélération des investissements dans les infrastructures cloud. L’essor fulgurant de l’IA générative impose en effet la multiplication des serveurs et, surtout, le recours à des puces gourmandes en énergie et complexes à refroidir. Le rapport interne d’Amazon ne laisse guère place au doute : « L’énergie supplémentaire provient des puces IA, qui nécessitent plus d’électricité et de refroidissement que les puces traditionnelles. »
Bilan énergétique : entre externalisations et logistique carbonée
Le déploiement continu des data centers s’accompagne également d’une consommation accrue d’électricité provenant de fournisseurs externes. Autre facteur aggravant : la croissance indirecte des émissions liées à la construction des centres et aux activités logistiques pilotées par des sous-traitants – avec, là aussi, une progression notable de six pour cent sur ce volet. Parallèlement, les émissions directes issues des combustibles fossiles employés par l’entreprise ont augmenté de sept pour cent sur un an.
Face à ces constats, difficile de ne pas s’interroger sur la capacité réelle du groupe à respecter ses engagements environnementaux.
Avenir incertain pour le pari écologique d’Amazon
En février dernier, le PDG Andy Jassy annonçait un plan d’investissement massif de 100 milliards de dollars pour 2025, dont l’essentiel sera alloué à l’expansion du bras armé technologique : Amazon Web Services (AWS). Dès lors, tout porte à croire que le prochain rapport fera état d’une dynamique identique voire amplifiée.
En définitive, alors qu’Amazon ambitionne toujours publiquement un futur « zéro émission », son appétit technologique rend ce cap plus incertain que jamais.