Les virus mobiles….
Les gadgets intelligents, quand ils sont connectés, ont la capacité de créer de sérieux ravages dans le monde des électrons. Désormais, les virus informatiques, qui perturbent déjà la vie de nombreux usagers d’ordinateurs, s’attaquent aussi aux téléphones cellulaires. Au début, leur impact semblera minime : le carnet d’adresses du téléphone sera subitement illisible, la facture affichera des communications qui n’ont jamais été passées, etc. Mais leur potentiel de destruction est beaucoup plus important…
Par certains aspects, il est même effrayant : en 2004, les Américains ont consommé plus de mille milliards de minutes de téléphonie mobile, soit une augmentation de 30% en un an. Et comme chacun sait, les téléphones mobiles nous proposent de plus en plus d’interagir, en tout lieu, avec le monde numérique. À l’évidence, un usage plus intense et l’ajout de fonctions supplémentaires démultiplient les risques qu’un téléphone soit infecté. Imaginez une entreprise qui a construit, à grands frais, une protection contre les attaques virales à l’entrée de son réseau filaire : elle est probablement à la merci d’un prochain virus « sautant » du téléphone cellulaire ou de l’assistant personnel numérique d’un employé lorsqu’il synchronisera l’un ou l’autre sur son ordinateur de bureau. Mais les programmes malfaisants, ou maliciels, qui se propagent via le protocole Bluetooth sont encore plus inquiétants : imaginez qu’ils infectent l’informatique de bord de votre voiture, son système de navigation par GPS ou, bien plus grave, sa commande électronique des freins.
La menace s’est matérialisée pour la première fois l’année dernière lorsqu’un maliciel pour téléphones mobiles, un ver appelé Cabir, a été lâché dans la nature par le groupe de hackers « 29A ». Leur but affiché n’était que de prouver la faisabilité du concept et d’alerter le monde. Depuis, Cabir s’est métamorphosé en un peu plus de 15 variétés et sa trace a été retrouvée dans 14 pays.
La vulnérabilité des ordinateurs aux attaques virales s’explique en partie par la prédominance d’une seule plate-forme informatique. La première vague de virus pour téléphones mobiles a choisi pour cible le système d’exploitation Symbian. Heureusement, les mobiles ne sont pas aussi homogènes que les PC : un bug affectant des téléphones Symbian laisse des millions d’autres téléphones indemnes. Mais il n’y a guère de raison de se satisfaire de la situation. Car la part de marché de Symbian s’accroît : au dernier trimestre 2004, 53 % des dispositifs électroniques mobiles vendus dans le monde tournaient sur ce système d’exploitation. Le rôle des opérateurs de téléphonie mobile et des fabricants de téléphones cellulaires est de devancer la menace. Aujourd’hui, chaque nouveau PC est équipé d’un logiciel antivirus : pourquoi ne pas faire de même pour les dispositifs électroniques mobiles ? Le marché le demandera certainement, mais les vendeurs de téléphones pourraient faire le premier pas en donnant à une telle protection le statut d’une norme. Alors, peut-être, ce dernier fléau numérique sera-t-il tué dans l’œuf. Source technologyreview.fr par Tr Staff