Les hackers liés à l’Iran visent l’eau et l’énergie aux États-Unis

Alerte cyber devant des infrastructures
Image d'illustration. Le risque dépasse le simple sabotage. — ADN

FBI, NSA et CISA alertent sur des intrusions iraniennes dans les systèmes industriels américains. L’enjeu dépasse le simple sabotage.

En bref

  • Des automates industriels américains sont visés
  • Les alarmes et arrêts critiques peuvent être neutralisés
  • L’alerte concerne eau, énergie et autres systèmes exposés

Un automate qui continue de tourner alors que les alertes ne remontent plus, c’est le genre de scénario qui glace tout exploitant industriel. C’est précisément ce que décrivent le FBI, la NSA, le Department of Energy et la CISA dans une alerte mise à jour mercredi sur des opérations menées par des hackers liés à l’État iranien contre des infrastructures américaines.

Quand les alarmes ne sonnent plus

Le point le plus sérieux, à mes yeux, n’est pas l’intrusion en soi. C’est ce qui vient après. Selon le FBI, un fournisseur d’infrastructure critique a vu les assaillants modifier la logique de programmation de ses contrôleurs pour désactiver des processus liés aux arrêts critiques et aux alarmes.

Résultat ? Les systèmes pouvaient entrer dans des conditions dangereuses sans que les opérateurs soient avertis des anomalies. Les agences américaines expliquent aussi que ces intrusions permettent de manipuler les données affichées sur les écrans, avec à la clé des pannes et des perturbations. Dans l’industrie, on ne parle plus d’un simple vol de données, mais de disruption opérationnelle.

Des automates industriels exposés en première ligne

La cible, ce sont des PLC, ces automates programmables qui pilotent des processus industriels. Les agences disent que les attaquants s’en prennent à des équipements présents sur des réseaux opérationnels connectés à Internet, ce qui reste un très mauvais signal pour tout le secteur.

Au début de l’année, les attaques observées visaient des contrôleurs de Rockwell. La nouvelle version de l’avis élargit désormais la liste à des produits de Siemens et de Schneider Electric. Et le message est limpide, potentiellement tous les systèmes de contrôle industriel exposés sur Internet peuvent être concernés.

Washington parle d’une logique de disruption

Les autorités américaines ne décrivent pas une campagne opportuniste. Elles estiment que ces acteurs mènent cette activité pour provoquer des effets perturbateurs aux États-Unis, probablement en réaction à la guerre en cours entre l’Iran, les États-Unis et Israël.

Quelques mois plus tôt, des agences fédérales avaient déjà signalé une montée des opérations attribuées à des acteurs iraniens. Cette mise à jour durcit le constat, on passe d’une alerte générale à des cas documentés touchant des infrastructures critiques.

Une campagne plus large, pas limitée à l’eau

Cette séquence s’inscrit dans une série d’attaques et d’opérations offensives lancées depuis le début de la guerre en février. On retrouve à la fois des opérations d’espionnage, des fuites de données et des actions plus destructrices.

Le groupe Handala, présenté comme lié à cette dynamique, a notamment revendiqué l’effacement à distance de dizaines de milliers d’appareils chez Stryker, spécialiste américain des technologies médicales. Il a aussi revendiqué une fuite de données visant Cal Water en Californie en affirmant avoir pu perturber l’approvisionnement en eau, sans fournir de preuve. De son côté, Cal Water a assuré n’avoir constaté aucun accès non autorisé à ses réseaux opérationnels, ceux qui pilotent effectivement la distribution d’eau.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

Expert sur l'industrie du mobile depuis 2005

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