Les défis du marché de la m-Santé, Le mobile devenant un auxiliaire de « tous les jours ».
La mSanté (mHealth), qu’elle revête la forme d’applications et d’objets connectés grand public ou celle de la télémédecine, prend une part croissante dans l’univers de la santé. Pour autant, les enjeux – en termes de prévention, de suivi des maladies chroniques, d’accès aux soins et d’organisation des prises en charge – ne sont pas toujours bien connus. Les premiers Trophées de la Santé Mobile, créés par dmd Santé, donnent la parole aux acteurs de ce secteur pour mieux comprendre pourquoi il convient aujourd’hui de communiquer autour de la santé mobile.
[On comptait en mars 2013 près de 100 000 applications de mSanté disponibles sur les principales plateformes de téléchargement, selon Research2guidance - rien qu’en France, l’utilisation des mobiles pour suivre sa santé, prendre des rendez-vous, transmettre des données aux médecins, permettrait à la Sécurité Sociale d’économiser 11,5 milliards d’euros de dépenses de santé d’ici à 2017 ! ]
Voici quelques défis à régler rapidement pour un essort sur la population.. Y a du boulot y compris pour les startup sur le sujet…
- "Toutes les applications ne sont pas disponibles sur tous les supports. Il y a un vrai problème lié aux systèmes d’exploitation. Ce n’est pas normal qu’un utilisateur ne puisse pas accéder aux mêmes applications en fonction de son smartphone. Cette problématique entre en conflit direct avec la santé, qui doit être accessible à tous. Philippe Thebault Président de l’Alliance du Coeur
- “Il faut que les applis de mSanté puissent être évaluées, labellisées ou bien certifiées pour montrer leur fiabilité et qu’elles ne génèrent pas des données erronées. C’est cela qui sera susceptible de créer la confiance chez les usagers”. Dr Jacques Lucas, cardiologue
- Les applications mobiles de santé se doivent donc de veiller à leur sécurisation dans le temps : récupération des données, portabilité entre plateforme logiciel (iOS / Androïd), garantie de maintenance et de mise à jour de l’application par l’éditeur… Béate Bartès Présidente de Vivre Sans Thyroïde
– "L’interopérabilité, l’intégration dans les systèmes de santé sont des conditions sine qua non pour qu’une appli soit « prescrite » ou utilisée massivement à des fins de santé publique” Benjamin Sarda, directeur du marketing, Orange Healthcare
– l’un des écueils fréquemment recensé dans les sondages est la sécurité même des données. Où sont-elles stockées ? Qui peut y accéder ? “Il faut que les applications garantissent à l’utilisateur que les données collectées soient utilisées par ce dernier”, “Un autre risque est à prendre en compte : il ne faudrait pas que les patients s’imaginent que les données soient accessibles à leur médecin 24H/24H et que ce dernier les contacte à la moindre anomalie (…) La promotion de la mSanté passe par une information claire, loyale et appropriée”. Dr Jacques Lucas
- Orientées vers le grand public, elles sont aussi à destination des professionnels de santé, notamment pour les « prescrire » à leurs patients. Et il reste du travail à réaliser : 70% des médecins ne se sentent pas suffisamment informés pour recommander des applications. Carole Avril Directrice Générale de l’Association Française des Diabétiques
- L'innovation en terme d’e-santé doit être au service de l’autonomie du patient, et non l’inverse. Le patient doit être libre d’en disposer selon ses besoins : les outils ne doivent pas être omniprésents ou être plus envahissants que la maladie. Elle doit garantir une réponse à ses problématiques. Les outils proposés doivent donc être créés pour une meilleure information du patient afin de l’aider à être plus observant, à améliorer sa qualité de vie et à optimiser sa relation avec son médecin. Mélanie Aubin Chargée de mission et de communication, France Psoriasis