La jeune pousse Legato lève environ 11 millions d’euros pour lancer cet automne des lunettes auditives IA, ciblant la perte légère à modérée.
En bref
- Legato lève environ 11 M€
- Des lunettes auditives IA arrivent cet automne
- Cible, la perte auditive légère à modérée
Près de 50 millions d’adultes sont concernés par la perte auditive aux États-Unis. Pourtant, seulement 20% des personnes diagnostiquées vont chercher un traitement. C’est dans ce trou béant que s’installe Legato, avec une idée simple sur le papier, mais franchement ambitieuse sur le terrain, faire de l’aide auditive un objet aussi banal que des lunettes.
Un marché massif, et très peu traité
La jeune pousse vise le segment le plus large, celui de la perte auditive légère à modérée. Son pari tient en trois freins bien connus, le prix, l’inconfort et la stigmatisation autour des appareils auditifs classiques.
Mehul Trivedi résume l’objectif ainsi : « Notre but est de rendre l’audition aussi omniprésente que la vision ». L’idée n’est pas seulement d’entendre mieux la télévision. Pour lui, il s’agit surtout de garder le lien avec le monde, avec en toile de fond les risques de dépression et de démence associés à une mauvaise audition.
Deux profils très rodés derrière le projet
Ce n’est pas une équipe sortie de nulle part. Legato a été fondée fin 2024 par Mehul Trivedi et Steve Romine, deux vétérans passés par Bose. Le premier y avait piloté la création des Bose Frames, avant de rejoindre EssilorLuxottica pour ses travaux sur les lunettes connectées, dont les Meta Ray-Bans. Le second dirigeait l’activité aides auditives chez Bose, puis a occupé le poste de COO chez Audicus.
Après ces années dans de grands groupes, Trivedi a exploré le croisement entre technologie auditive et lunetterie intelligente. Il dit y avoir trouvé la brique technique qui manquait, puis a rappelé Romine.
Des branches de lunettes qui veulent remplacer la gêne
Les Legato Frames, attendues plus tard cet automne, embarquent la technologie auditive maison directement dans les branches. Le produit a été pensé pour rester petit, léger et discret. En gros, des lunettes normales en apparence, sans commandes à tripoter ni réglages lourds au quotidien.
La société a développé pour ça son propre système acoustique, sa pile de traitement du signal et son architecture mécanique. C’est le genre de détail qui compte, parce que la promesse s’effondre vite si la monture devient épaisse ou fatigante après 16 heures.
L’IA comme réponse au bruit, pas juste à l’amplification
Là où beaucoup d’aides auditives classiques s’appuient sur des micros directionnels, efficaces au calme mais souvent pénibles au restaurant, Legato prend une autre route. Son système piloté par l’IA sépare les voix du bruit de fond et n’amplifie que les voix.
Résultat, la conversation doit rester plus claire, avec une écoute moins épuisante mentalement. Et malgré une conception open-ear, le son n’est pas diffusé autour de vous. La monture utilise un double système de haut-parleurs qui dirige l’audio vers l’utilisateur et annule les fuites, avec une réduction annoncée de 99% à quelques centimètres de l’oreille.
11 M€ pour industrialiser et un canal de vente inhabituel
Legato sort de l’ombre avec environ 11 millions d’euros (12 millions de dollars), apportés par Neotribe Ventures, Listen et Village Global. L’argent a surtout servi au développement produit, avec une part pour le marketing.
Le lancement passera par certains professionnels de la vue à l’échelle nationale. C’est malin, quand même. La société promet un prix représentant seulement une fraction de celui des aides auditives traditionnelles, avec en plus une possible prise en charge via une assurance vision si l’achat se fait en clinique ophtalmique.